Jusqu’au 7 mars 2022 : Bouquetins du Bargy : consultation publique sur le projet d’arrêté autorisant la capture et l’euthanasie de bouquetins séropositifs

Le Projet d'arrêté

URGENT : la préfecture de la Haute-Savoie met en ligne une consultation du public ouverte jusqu’au 7 mars 2022 inclus sur son projet d’arrêté autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy la capture et l’euthanasie de bouquetins séropositifs en vue du contrôle de la brucellose au sein de cette population pour viser l’extinction de l’enzootie de brucellose au sein de la population de bouquetins ;  autorisant des captures, avec euthanasie des éventuels séropositifs dans les massifs de Sous Dine et des Aravis ; dans l’intérêt de la santé publique, pour prévenir les dommages à l’élevage et aux filières agricoles de montagne pour la période 2022-2030.

Vous pouvez également consulter la note de présentation.

AVES France vous invite à vous opposer à ce projet d’arrêté

Important : pour que votre avis soit pris en compte, ne faites pas de copié-collé mais rédigez un message personnalisé. Il doit-être envoyé par mail à ddt-consultations-publiques@haute-savoie.gouv.fr jusqu’au 5 mai 2021 (inclus), avec comme objet « Massif du Bargy : Euthanasie bouquetins séropositifs pour constitution d’un noyau sain. »  

Votre message peut également être envoyé par courrier à : 
Direction départementale des territoires de la Haute-Savoie 
Service eau et environnement  
15 rue Henry Bordeaux – 74998 Annecy cedex 9

Nos arguments à reprendre et personnaliser pour la rédaction de votre commentaire

Important : pour que votre avis soit pris en compte, ne faites pas de copié-collé mais rédigez un message personnalisé.

  • Le projet d’arrêté prévoit en 2022 la capture ou l’abattage de 170 bouquetins non marqués sur le massif du Bargy, sans préciser la part des animaux qui seront abattus et des animaux qui seront capturés, ni même le périmètre de cette action ou le profil des animaux ciblés, au risque de détruire des animaux sains dans des secteurs indemnes de la maladie.
  • Dans son avis, le CNPN attire l’attention de la préfecture sur le fait qu’autopsier 100 bouquetins représente un travail titanesque pour le laboratoire, et qu’il sera impossible d’appliquer la mesure décrite dans l’article 3 du projet d’arrêté par le manque de moyens disponibles.
  • Le bouquetin des Alpes est une espèce protégée en France. À ce titre, l’octroi d’une dérogation à leur protection stricte devrait être conditionné à la recherche de solutions alternatives. Or, le plan d’action 2022-2030 fait suite à des opérations déjà mises en place depuis 2012,  qui n’ont pas permis l’éradication de la maladie.
  • La note de présentation nous apprend que les données scientifiques de l’OFB démontrent que, malgré l’ensemble des mesures de régulation des bouquetins du Bargy mises en oeuvre depuis 2012, la maladie reste présente sur l’ensemble du massif du Bargy.
  • Le Conseil National de Protection de la Nature a rendu le 27 janvier 2022 un avis défavorable à l’unanimité (délibération N° 2022-04), considérant que la stratégie présentée apporte des projections insuffisamment fondées pour justifier une dérogation de cette ampleur, voire contre-productives et risquées sur le décours actuel de l’enzootie apporté par la gestion adaptative actuellement menée.
  • Les membres du CNPN rappellent que nous sommes probablement dans la phase épidémiologique où l’on peut espérer une extinction spontanée du foyer (dixit rapport ANSES 2021-SA-0200) et qu’il serait très dangereux de casser cette dynamique aujourd’hui par des mesures inappropriées.
  • Dans l’avis de l’ANSES de juillet 2015 repris dans celui de novembre 2021 à propos des conséquences d’un abattage massif sur une année, l’ANSES attire l’attention sur le fait que la probabilité d’avoir un succès d’assainissement avec cette mesure est inférieure à 1 chance sur 2, et que cela consisterait donc un pari sans aucune possibilité de savoir ce qu’il se passe après. De plus cela comporte une prise de risque importante non incluse dans le modèle, qui vient de la déstructuration de la population de bouquetin : les individus restants peuvent s’agréger différemment, relançant l’infection par contacts inter-groupes jusqu’alors cloisonnés ou se déplacer dans d’autres secteurs en intra ou inter-massif, ou à l’inverse, le site peut devenir attractif pour les bouquetins des massifs voisins qui viendraient s’y contaminer. (source CNPN)
  • Ce projet d’arrêté vise à maîtriser l’enzootie de brucellose au sein de la population de bouquetins du massif du Bargy dans l’intérêt de la santé publique, ainsi que pour prévenir les dommages à l’élevage et aux filières agricoles de montagne. Or, le risque de transmission entre l’homme et cette espèce sauvage est très faible, les interactions entre nos deux espèces étant extrêmement rares.
  • Santé Public France nous apprend que 30 cas de Brucellose sont diagnostiqués chaque année en France chez l’homme, dont 80% des cas ont été contractés en dehors de nos frontières, lors d’un voyage dans un pays enzootique par la consommation de produits laitiers infectés ou par un contact direct avec un animal infectés.
  • Chez l’homme, les formes graves sont rares et ne peuvent en aucun cas justifier un abattage massif d’animaux sauvages.
  • La brucellose est présente dans de nombreux pays et affecte la plupart des espèces de mammifères, notamment les ruminants, domestiques et sauvages, ainsi que les suidés (porcs et sangliers) et les lagomorphes (lièvres).
  • Il n’est pas normal de sacrifier des populations d’animaux sauvages protégés pour prévenir les dommages à l’élevage, quand d’autres solutions sont envisageables comme limiter l’accès des zones à risque aux troupeaux.
  • La découverte d’un bovin contaminé en 2021 ne peut justifier l’abattage massif de bouquetins, la transmission directe entre les deux espèces n’ayant pas été confirmée. 
  • Il faut favoriser une conduite des troupeaux placée sous le contrôle d’un berger dans le but d’éviter les interactions directes entre animaux sauvages et domestiques.
  • Les mesures agri-environnementales et les futurs contrats territoriaux d’exploitation devront être développés en prenant en compte la gestion des populations d’ongulés sauvages, en particulier celles permettant la limitation des risques sanitaires.
  • L’intérêt des tirs d’individus impossibles à capturer et localisés dans les sites inaccessibles n’est pas démontré.