Consultation publique sur la capture de 106 500 alouettes des champs à l’aide de moyens de chasse traditionnelle (pantes et matoles)

Le Projet d'arrêté

Le ministère de la transition écologique met à la consultation du public 4 projets d’arrêtés visant à permettre la capture de 106.500 Alouettes des champs Alouettes des champs (Alauda arvensis) dans les Landes, la Gironde, le Lot et Garonne et les Pyrénées-Atlantiques.

AVES France vous invite à vous opposer à ces projets d’arrêtés avant le 28 juin 2021.

Important : pour que votre avis soit pris en compte, ne faites pas de copié-collé mais rédigez un message personnalisé. Il doit-être envoyé via le formulaire en cliquant sur le bouton “Déposer votre commentaire” (exemple ci-dessous) avant le 28 juin 2021. Attention : la validation du commentaire se fait en deux étapes : Prévisualisation puis  Message définitif : envoyer au site. 

Nos arguments à reprendre et personnaliser pour la rédaction de votre commentaire

Publication réalisée grâce aux arguments proposés par la LPO. 

Je tiens à m’opposer aux quatre  projets d’arrêtés définissant les quotas de prélèvement autorisés d’alouettes des champs pour la saison 2021-2022 à l’aide de pantes et de matoles, moyens de chasse traditionnelle, dans quatre départements : Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques.

L’article L. 424-4 du code de l’environnement, reprenant les dispositions de l’article 9 de la directive “oiseaux”, prévoit que, pour permettre, dans des conditions strictement contrôlées et de manière sélective, la chasse de certains oiseaux de passage en petites quantités, le Ministre de la Transition écologique et solidaire autorise dans des conditions qu’il détermine l’utilisation des modes et moyens de chasse consacrés par les usages traditionnels, dérogatoires aux moyens généralement autorisés.

Or, nous savons que ces modes de chasse ne sont pas sélectifs et que de nombreux oiseaux dont la chasse n’est pas autorisée seront les victimes collatérales de ces traditions arriérées. 

L’Alouette des champs est emblématique du déclin des oiseaux communs en milieux agricoles. En France comme en Europe occidentale, elle est victime de l’intensification des pratiques agricoles, marquée par une surcharge en bétail dans les pâtures, des travaux du sol plus fréquents, des densités de semis plus fortes et une utilisation abondante de pesticides. La chasse est une menace complémentaire qui pèse sur l’espèce, en particulier dans le sud-ouest de la France.

L’Alouette des champs a perdu 30% de ses effectifs en 15 ans et même les chasseurs déplorent la diminution de leurs prises, qu’ils attribuent à la dégradation de l’environnement et au réchauffement climatique. Pourtant, on continue de leur octroyer des quotas de chasse énormes pour satisfaire leur loisir malsain. Initialement identifiée en statut “Préoccupation mineure” lors de la première évaluation de la Liste rouge nationale, l’espèce est désormais classée dans la catégorie “Quasi menacée” suite à la réactualisation de son statut.

A l’heure où la biodiversité s’effondre dans nos campagnes, il est incompréhensible qu’on autorise ces modes de chasse alors que la majorité des Français y sont opposés. Même l’appel de 62 parlementaires contre ces pratiques d’un autre temps est resté sans effet. A croire que le ministère chargé de protéger la biodiversité est soumis à une poignée de chasseurs. 

Suite à une plainte de la LPO en mai 2019, la Commission européenne a mis en demeure la France pour manquement à ses obligations de protection des espèces menacées, ciblant notamment leur piégeage indifférencié sous prétexte de traditions. Reconduire ainsi ces arrêtés constitue une provocation envers la justice européenne qui fait encourir de lourdes sanctions financières à la France, pour le bénéfice de quelques uns.