Urgent : consultation publique sur l’abattage de 200 blaireaux par tirs de nuit dans la Somme.

Le Projet d'arrêté

Le projet d’arrêté soumis à consultation du public concerne la régulation du blaireau par chaque lieutenant de louveterie du département de la Somme, jusqu’au 31 octobre 2020. Ce projet d’arrêté prévoit d’autoriser le massacre de 200 blaireaux ! 

La préfecture a publié une note de présentation qui n’apporte pas suffisamment d’éléments concrets pour justifier ce massacre.

AVES France vous invite à vous opposer massivement à ce projet d’arrêté, jusqu’au 26 juillet 2020

Important : pour que votre avis soit pris en compte, ne faites pas de copié-collé mais rédigez un message personnalisé.

Les avis doivent être transmis par voie électronique à l’adresse suivante :

ddtm-nature-chasse@somme.gouv.fr

en précisant la mention « consultation sur la régulation du blaireau en tirs de nuit par les lieutenants de louveterie de la Somme »

Nos arguments à reprendre et personnaliser pour la rédaction de votre commentaire

Important : pour que votre avis soit pris en compte, ne faites pas de copié-collé mais rédigez un message personnalisé.

Madame Muriel NGUYEN, Préfète de la Somme,

Je tiens à m’opposer fermement à votre projet d’arrêté dont le but est d’organiser la destruction de 200 blaireaux d’ici le 31 octobre 2020, pour les raisons suivantes : 

  • Votre projet d’arrêté prévoit l’abattage de 200 blaireaux par tirs de nuit, sur l’ensemble du territoire du département de la Somme. On peut lire dans votre projet d’arrêté que les lieutenants de louveterie seront « autorisés à titre exceptionnel (…) à organiser et diriger dans l’interêt de la sécurité publique, des battues et chasses administratives au blaireau sur l’ensemble du département de la Somme. » Or, dans votre note de présentation, aucun élément ne vient justifier cette chasse de nuit sur l’ensemble du département, puisqu’aucune déclaration de dégât n’y est annexée. 
  • Le blaireau est déjà régulé dans le département de la Somme puisque la vènerie sous terre est autorisée du 20 septembre au 15 janvier, ainsi que pendant une période complémentaire impactant la survie des jeunes. Permettre en plus la chasse du blaireau la nuit n’est pas justifié par les arguments présentés. 
  • La note de présentation justifie ces tirs dans l’interêt de la sécurité publique, puisque les blaireaux seraient responsables notamment de collisions routières. Or, les blaireaux sont les victimes de ces collisions et non les responsables. Puisqu’une cartographie des blaireautières a été réalisée sur l’ensemble du département, il conviendrait de limiter la vitesse sur les routes à proximité des blaireautières, la nuit, plutôt que d’éliminer des familles de blaireaux !
  • A la lecture de votre projet d’arrêté, on découvre dans les VUS que ce projet d’arrêté a été pris à « la demande en date du 23 juin 2020 de Monsieur Bernard Pointin, président des lieutenants de louveterie de la Somme, à l’effet de réguler par tir de nuit les blaireaux le long des voies de circulation ». On peut légitimement s’étonner que la demande de régulation du blaireau vienne des chasseurs et non des « victimes présumées » des blaireaux !
  • Les tirs de nuit sont susceptibles de générer des erreurs et de la confusion entre espèces, sans compter le dérangement de la faune non visée.
  • Des tribunaux administratifs ont à plusieurs reprises déclaré illégaux des tirs de nuit qui avaient été autorisés par les préfets.
  • Les tirs de nuit sont également une source importante de stress pour les riverains. 
  • L’utilisation d’un silencieux rend ces opérations encore plus dangereuses et les risques pour la population non négligeables. 
  • Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».
  • L’article 9 de la Convention de Berne n’autorise les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées qu’« à condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée pour prévenir des dommages importants aux cultures, au bétail, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et aux autres formes de propriété ». Pour être légales, les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux blaireaux doivent être justifiées par trois conditions, devant être cumulativement vérifiées : la démonstration de dommages importants aux cultures notamment ; l’absence de solution alternative ; l’absence d’impact d’une telle mesure sur la survie de la population concernée. Or, ce projet d’arrêté ne répond pas à ces trois conditions, notamment puisqu’aucune solution alternative n’a été recherchée. 
  • La dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an). Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année).
  • En ce qui concerne les éventuels dégâts causés sur les digues, routes ou ouvrages hydrauliques par le creusement des terriers, la régulation du blaireau a montré son inefficacité, voire même un effet contre-productif du fait de la place libérée par l’animal éliminé qui est très vite occupée par un autre individu.
  • Une méthode simple et pérenne consiste à utiliser des produits répulsifs olfactifs sur les terriers posant problème, ceci accompagné de la mise à disposition à proximité de terriers artificiels. Les avantages de cette solution sont que les animaux continueront d’occuper un territoire sur le même secteur et ne permettront pas l’intrusion d’un nouveau clan. (source : LPO Alsace)

Attention, les messages que vous adressez à la préfecture doivent-être personnalisés et argumentés. Ils doivent-être envoyés par mail jusqu’au 26 juillet 2020, avec comme objet : 

« consultation sur la régulation du blaireau en tirs de nuit par les lieutenants de louveterie de la Somme ».