Vendée : Consultation publique sur le projet d’arrêté prescrivant la lutte collective contre les corneilles noires et les corbeaux freux

Le Projet d'arrêté

Le projet d’arrêté soumis à consultation permet d’organiser une lutte collective coordonnée par piégeage, sur l’ensemble du département, des corvidés (corbeau freux et corneille noire) afin de maîtriser les populations et prévenir les dégâts agricoles. AVES France et Crowlife vous invitent à vous opposer à ce projet d’arrêté que vous pouvez consulter sur le site de la préfecture de Vendée. 

Nos arguments à reprendre et personnaliser pour la rédaction de votre commentaire

  • La période d’application de l’arrêté s’étend de sa date de signature au 30 juin 2020. Elle comprend donc la période critique de nidification et d’élevage des jeunes oisillons pour ces deux espèces d’oiseaux. La directive Oiseaux impose aux pouvoirs publics de rechercher s’il existe des méthodes alternatives aux tirs préalablement à toute autorisation de tuer ces oiseaux pendant cette période.
  • L’abattage des adultes en période de nidification condamne les oisillons à une mort certaine.
  • Dans la note de présentation de l’arrêté, on peut voir que les dégâts attribués à la corneille noire pour la période la plus récente sont estimés à seulement 3700€. Peut-on cautionner la destruction de cette espèce pour un préjudice aussi faible ?
  • Entre 2010 et 2018, le nombre de “corvidés” piégés en Vendée a chuté de plus de 30%. Leur population est en régression et leur piégeage n’est plus justifié.
  • Le rôle de la Préfecture est-elle d’ordonner la destruction de corbeaux freux et de corneilles noires, sur la demande de l’association Polleniz dont le budget annuel est de 8 millions d’euros, alors que les dégâts sur les cultures dépassent à peine 15.000€. 
  • L’effarouchement des colonies lors de leur installation à partir de fin février a déjà été testé sur d’autres communes, il est donc possible d’y recourir (cf. Protéger les cultures de printemps des dégâts d’oiseaux, Chambres d’agriculture des Pays de la Loire, juin 2012).
  • Le Préfet demande au public de se positionner sur un arrêté de destruction de corbeaux freux et de corneilles noires sans encadrer cet arrêté par des dates claires, l’article 1er prévoyant la destructions de ces espèces “de la date de signature du présent arrêté et jusqu’au 30 juin 2020”.
  • Même si la corneille noire et le corbeau freux figurent parmi la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts en Vendée, leur « destruction » n’est pas l’unique méthode pour prévenir des éventuels dégâts agricoles.
  • Les agriculteurs doivent modifier leurs pratiques (ouvrir les sillons plusieurs jours avant de semer pour que les oiseaux puissent se nourrir des insectes présents sur la parcelle, pratiquer un roulage du lit de semence, semer en profondeur 4-5 cm).
  • La préfecture considère que “les autres méthodes de lutte, notamment les canons effaroucheurs appelés communément « Bazooka » et les cages” sont inefficaces. Il faut multiplier les techniques d’effarouchement pour maximiser leur efficacité (présence humaine régulière sur la parcelle, utilisation d’un laser vert pour effaroucher les colonies, installation d’un effaroucheur sonore type avitrac + mantrac, de rubans effaroucheurs, de turbines, de cerfs volants…).
  • Le Corbeau freux et la Corneille noire, comme l’Étourneau sansonnet, consomment quantité de Vers blancs (ou larves de Hanneton) et de larves de Taupin ou de Tipule.
  • La corneille noire et la pie bavarde sont des espèces que l’on peut considérer comme des auxiliaires à l’agriculture car elles consomment mulots, campagnols et autres petits rongeurs.
  • La pie bavarde, alors qu’elle n’est pas ciblée par cet arrêté, pourra être détruite si elle est capturée accidentellement.
  • Il est légitime de se questionner sur le coût non chiffré des opérations de destruction par rapport au coût des dégâts (11650€ pour le corbeau freux et 3700€ pour la corneille noire), notamment si on prend en compte l’inefficacité de cette mesure, et pire, sa contre-productivité, les espèces concernées se reproduisant plus lorsque ses effectifs sont menacés.

Attention, le message que vous adressez à la préfecture doivent-être personnalisés et argumentés. Ils doivent-être envoyés par mail ou courrier avant le 31 mars 2020.  

Préfecture de la Vendée
DRCTAJ/1 – Pôle environnement – section des enquêtes publiques
29 rue Delille, 85 922 La Roche sur Yon Cedex 9

Merci à Philippe Charlier de nous avoir signalé cette consultation.