Département de la Somme jusqu’au 06 mai : CP sur le renouvellement de l’arrêté préfectoral relatif à la régulation du blaireau par tir et piégeage

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Lire le projet d’arrêté ici


«Les lieutenants de louveterie sont autorisés, à titre exceptionnel, de la date du 22 juin au 15 septembre 2019 à organiser, commander et diriger, dans l’intérêt public, des battues et des chasses administratives au blaireau sur l’ensemble du département de la Somme. »


Article 2 : Le quota maximum affecté au département de la Somme est fixé à 1 500 blaireaux de la manière
suivante :
230 blaireaux pour les circonscriptions 6, 7 et 8,
1 270 blaireaux pour les circonscriptions 1, 2, 3, 4, 5, 9 et 10.

«Article 3 : Ces battues et chasses administratives sont exercées par tirs de nuit et par piégeage par chaque lieutenant de louveterie.
Pour l’exercice du tir de nuit, chaque lieutenant de louveterie est autorisé à utiliser en tant que de besoin les sources lumineuses. Les tirs peuvent être effectués au fusil ou à la carabine et uniquement aux abords des terriers.
L’exercice du piégeage s’effectue au moyen de collets munis d’un arrêtoir pour la capture du blaireau. »


Les motifs invoqués invoqués sont toujours les mêmes: dégâts aux cultures, collisions avec les voiture et dégâts aux machines agricoles…

Ce projet d’arrêté ne fait état d’aucune donnée chiffrée pour étayer cette prolongation (combien de collisions ? de cultures endommagées ?) Il est impératif de mentionner cet argument. 

Le nombre d’individus tués est totalement irraisonné, ce projet d’arrêté est très insuffisamment justifié et contrevient aux dispositions du statut juridique du blaireau (inscrit en annexe 3 de la Convention de Berne).

Envoyez votre avis à cette adresse mail:
ddtm-sel@somme.gouv.fr


Nos arguments à reprendre et personnaliser pour la rédaction de votre commentaire :

À propos du blaireau :

Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

Globalement la dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an). Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année). De plus une mortalité importante existe déjà due au trafic routier. Ces opérations de vénerie peuvent affecter considérablement ses effectifs et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.

Il faut également considérer pour ce département comme pour d’autres, que les bilans annuels relatifs à la vénerie sous terre sont probablement très bas et ne régulent pas du tout les populations. Les collisions routières ont certainement un impact bien plus important que le déterrage. Alors si les prélèvements ne représentent rien ou presque et ne permettent pas de réguler les populations (pour de quelconques raisons sanitaires ou économiques), alors pourquoi continuer d’accorder des autorisations de déterrage, si ce n’est de contenter quelques acharnés de la pratique de vénerie sous terre?

Sur les dégâts éventuels causés et interactions avec les activités humaines:

Les dégâts que le blaireau peut occasionner dans les cultures de céréales sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt.

En ce qui concerne les éventuels dégâts causés sur les digues, routes ou ouvrages hydrauliques par le creusement des terriers, la régulation du blaireau a montré son inefficacité voire même un effet contre-productif du fait de la place libérée par l’animal éliminé qui est très vite occupée par un autre individu qui creusera de nouvelles galeries.
Une méthode simple et pérenne consiste à utiliser des produits répulsifs olfactifs sur les terriers posant problème, ceci accompagné de la mise à disposition à proximité de terriers artificiels. Les avantages de cette solution sont que les animaux continueront d’occuper un territoire sur le même secteur et ne permettront pas l’intrusion d’un nouveau clan. (source : LPO Alsace)