Consultation publique jusqu’au 29 janvier 2019 (Eure) Arrêté de régulation par tir de nuit des renards par les lieutenants de louveterie

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Objet du projet d’arrêté (consultable ici) :

Le renard est une espèce présente sur l’ensemble du département de l’Eure et classée « susceptible d’occasionner des dégâts » par arrêté ministériel modifié du 30 juin 2015. Il peut à ce titre être régulé par tir, piégeage ou déterrage. Le décret n° 2018-530 du 28 juin portant diverses dispositions relatives à la chasse et la faune sauvage a prolongé la validité de cet arrêté d’un an.

Le tir de nuit vise à faire intervenir les lieutenants de louveterie dés lors que le piégeage et/ou le prélèvement lors de chasse ne permettent pas de solutionner le problème.

Il est nécessaire de protéger les biens et les exploitations agricoles des dommages causés par le renard, et notamment de sa prédation sur les élevages avicoles et de soutenir les efforts de gestion du petit gibier menés par la Fédération départementale des chasseurs de l’Eure.

Pour envoyer vos avis pour cette consultation, vous devez envoyer un mail avant le 29 janvier à la préfecture de l’Eure : ddtm-sebf-mnfc@eure.gouv.fr

Nos arguments pour contrer ce projet, à reprendre et personnaliser :

  • Les tirs sont autorisés jusqu’au 31 décembre 2019 donc y compris en période de reproduction, cela relève donc d’une volonté d’éradiquer les renards sans tenir compte d’aucun impératif biologique ou écologique
  • Le prétexte principal fourni est la volonté de sauvegarder les perdrix grises dont les effectifs sont en baisse, ces mêmes perdrix étant tirées par les chasseurs !!!
  • Il appartient aux éleveurs de sécuriser leurs installations.
    Pour prévenir les dégâts causés aux élevages avicoles en particulier, des mesures de prévention efficaces peuvent être mises en place (enterrer la clôture, effarouchement, etc.).
  • Le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à la régulation des populations de rongeurs. Si le petit gibier disparait, c’est essentiellement la faute des chasseurs et d’une urbanisation croissante.  Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole. Par ailleurs, le renard ne sera jamais en surpopulation car c’est une espèce qui s’autorégule en fonction de la disponibilité en nourriture.
  • Les tirs de nuit sont susceptibles de générer des erreurs et de la confusion entre espèces, sans compte le dérangement de la faune non visée.
  • Les tirs, en provoquant le déplacement des individus, ont un effet contre-productif sur la propagation des zoonoses. Des études scientifiques ont montré que le renard contribue également à limiter la diffusion de la maladie de Lyme.
  • Le tribunal administratif de Strasbourg a déclaré illégal le 10 janvier 2018 les tirs de nuit qui avaient été autorisés par le préfet de Moselle en 2016.
  • La protection du « petit gibier », c’est c’est bien là l’argument essentiel de ce projet d’arrêté qui ne favorisera que les seuls chasseurs, ne repose sur aucun fondement écologique, ces animaux étant tués pour une chasse de loisir. La petite faune sera mieux préservée si son habitat naturel est protégé, notamment d’une urbanisation galopante, de l’agriculture intensive et de la modification des paysages.