Consultation publique sur la chasse à l’oie cendrée avant le 24/01/2019

photo : wiwkipedia

L’objectif de l’arrêté : il vise à permettre pour l’oie cendrée, espèce en très bon état de conservation et causant des dommages aux cultures ou aux écosystèmes, d’être chassée par dérogation jusqu’au 28 février. Les deux autres oies (rieuse et des moissons) peuvent être chassées jusqu’au 10 février.

Sont aussi concernées l’oie rieuse et l’oie des moissons.

Argumentaire : les associations spécialisées comme la LPO se battent depuis des années pour que ces prolongations soient interdites. Rappelons que cet arrêté a été attaqué plus d’une dizaine de fois devant le Conseil d’Etat, année après année ! Le ministère s’appuie entre autres sur l’exemple des Pays-Bas qui ont fait le choix d’abattre ces oiseaux (et où la situation est très différente de la France) pour accéder aux demandes du lobby de la chasse. Mais pour autoriser ce massacre, l’Etat doit justifier de dégâts agricoles importants, impossibles à chiffrer aujourd’hui, et pour cause !

Pour l’oie cendrée, le Ministère de l’écologie a produit en 2018 un document scientifique réalisé avec différents partenaires (LPO, ONCFS, Muséum National d’Histoire Naturelle et chasseurs) dont la synthèse aboutit à la conclusion suivante : le début et la fin de migration s’étalent bien sur tout le mois de février. En conséquence, « prolonger la chasse en février va à l’encontre de la Directive oiseaux qui précise dans son article 7, paragraphe 4, un certain nombre de principes relatifs aux périodes de chasse, parmi lesquels certains sont déterminants : les espèces ne doivent pas être chassées pendant la période nidicole ni pendant les différents stades de reproduction et de dépendance ; les espèces migratrices ne doivent pas être chassées pendant leur période de reproduction et pendant le trajet de retour vers leur lieu de nidification. » source : LPO

Vous pouvez aussi piocher parmi d’autres arguments déposés par des citoyens et militants :

·         Le « très bon état de conservation » n’est pas une catégorie standard de statut de conservation

·         Les dommages aux écosystèmes ne sont pas documentés, et s’ils existent ne concernent pas la France

·         Les dégâts agricoles ne concernent pas la France, et, selon les termes de la directive oiseaux, ne sont donc pas susceptibles de permettre une dérogation

·         La notion de « population européenne » est abusive, l’ensemble des oies cendrées en Europe étant formé de diverses populations avec des niveaux très variables de connexion. Les oies cendrées de Pays-Bas sont en particulier les plus fortement sédentaires, n’envoyant pratiquement pas d’hivernants en France. La notion fictive de « population européenne » pourrait donc viser à permettre des tirs en France sous l’argument des dégâts aux Pays-Bas sans que cela corresponde à la moindre réalité biologique

·         La limitation des prélèvements d’oies cendrées à 5000 ne s’appuie sur aucun protocole sérieux d’estimation des prélèvements alors que diverses études ont mis en évidence de forts biais de non réponse à de telles enquêtes, et que l’estimation du nombre prélevé fait l’impasse sur les pertes additionnelles d’oiseaux non retrouvés par les chasseurs (« crippling loss ») généralement estimé à environ 30 % pour les oiseaux d’eau.

·         La limitation des effectifs européens, outre une définition correcte des populations cibles (voir plus haut), ne peut être menée à bien par un seul pays, et aucune évaluation coût-bénéfice de l’extension des tirs en février sur une éventuelle limitation des effectifs n’a été menée. La chasse en postes fixes et en chasse de nuit sera pratiquée dans des milieux fréquentés par d’autres oiseaux d’eau, et tant le dérangement que la confusion avec les autres espèces d’oies cendrée contredisent pour les espèces concernées la directive oiseaux qui interdit la chasse pendant la migration de retour.

·         Aucune évaluation scientifique des meilleurs moyens de limiter les effectifs, si un consensus entre pays européens était trouvé pour une telle action, n’est disponible, et dans cette hypothèse, la prolongation de la chasse ne février n’est qu’une des options.

·         Cette demande de dérogation fait suite à des tentatives de faire modifier la date limite de chasse à partir de l’estimation de la date de début de la migration de retour, élément clé pour la directive oiseaux. Ce débat avait été tranché en décembre 2017 par un avis du Conseil Scientifique de l’Office National de la Chasse, saisi par le Ministère en charge de l’environnement (document attaché). Dans tous les cas, la chasse ne février semble un pré-acquis pour lequel des tentatives de justification sont ensuite mises en œuvre

·         Il avait été annoncé à l’automne que l’oie cendrée ferait partie des espèces dont la « gestion adaptative » serait discutée par un conseil scientifique en cours de mise en place. Or ce conseil ne s’est pas encore réuni, et n’a donc évidemment pas pu statuer sur le cas de l’oie cendrée ni sur ce projet d’arrêté.


Le lien vers la consultation et pour déposer vos commentaires : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-relatif-aux-prelevements-d-oies-en-a1913.html


14 commentaires sur “Consultation publique sur la chasse à l’oie cendrée avant le 24/01/2019

  1. La sauvegarde de la vie doit etre prioritaire…la chasse est une aberration, une insulte a l’intelligence humaine.

  2. Arrêtons de sacrifier les animaux sauvages sous le couvert de faux prétextes .Le seul être vivant a détruire son environnement et la planète , c’est l’être humain !!!

  3. De quel droit les chasseurs s’approprient ils la nature ? Leur appartient elle ? Nous perdons les oiseaux à une vitesse fulgurante et ils veulent en tuer plus !!!! C’est impensable !!!!

  4. Non à la chasse à l’oie, non à la chasse tout court !
    Il faut que cesse la cruauté envers les animaux.
    La chasse n’a pas lieu d’être.
    En plus si l’excuse de la chasse est le besoin de régulation.. je ne crois pas que les oies sauvages soient très nombreuses !
    Stop aux excuses ! Stop à la chasse ! Car, NON, tuer n’est définitivement pas un loisir !
    Il faut que ça cesse.

      1. Pourriez vous m indiquer le titre a noter afin de ne pas faire d erreur et que le commentaire ne soit pas pris en compte
        Je vous remercie

  5. Que l’homme cesse de tuer tout ce qui l’entoure ! La destruction du vivant est une aberration.
    Non à la prolongation de la chasse de l’oie cendrée !!!

  6. non, à la chasse à l’oie…..non à l’inhumanité…….laissons quelque chose à nos enfants….autre chose que la cruauté et le vide

  7. Laissez les migrer tranquille.Elles font in long voyage .alors la paix !!ainsi qu’a tous les oiseaux et animaux

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