Ain avant le 16 juillet 2018 : CP sur le Projet d’arrêté préfectoral « régulation de l’espèce blaireau » 2018

https://www.harperaspreywildliferescue.co.uk/
https://www.harperaspreywildliferescue.co.uk/

Pour lire le projet d’arrêté :

http://www.ain.gouv.fr/projet-d-arrete-prefectoral-regulation-de-l-espece-a5026.html

le Préfet propose : Les lieutenants de louveterie sont autorisés, à titre exceptionnel, pour la période comprise entre la date de signature du présent arrêté et le 31 octobre 2018 à organiser, commander et diriger, dans l’intérêt public, des interventions à tir ou par piégeage pour la régulation du blaireau sur les territoires visés à l’article 2 et dans les conditions précisées dans le présent arrêté.

Dans le cadre de ces interventions administratives, chaque lieutenant de louveterie est autorisé à utiliser les procédés suivants
:
➢Tir : les tirs peuvent être effectués au fusil à la carabine munie de silencieux. L’utilisation de sources lumineuses est autorisée pour les interventions de nuit. Le lieutenant de louveterie peut
s’adjoindre le concours d’une ou deux personnes de son choix, titulaires d’un permis de chasser
valable pour l’année en cours.
➢ Piégeage : le lieutenant de louveterie peut se faire aider dans la surveillance, le contrôle et la
relève des pièges par des piégeurs dûment agréés en vue de la manipulation des pièges utilisés.

 Envoyez vos avis à : ddt-spge-fspc@ain.gouv.fr

Nos arguments à reprendre et personnaliser :

Attention : aucun quota de blaireaux à abattre n’est indiqué !! il est juste précisé « Les décisions de prélèvement sont prises en fonction des effectifs de blaireaux présents et de l’intensité des dégâts constatés sur place. »

Qui décide de l’intensité des dégâts ? Qui peut justifier des effectifs de blaireaux présents et par quels moyens, quelles méthodes ? Points importants à mentionner dans vos messages !

Le préfet avance les arguments suivants pour justifier les destructions :

Considérant les dégâts causés par les blaireaux aux cultures agricoles ou vinicoles : piétinement des récoltes, affaissement des galeries sous le poids d’engins agricoles, terriers gênants, déblais, pertes de récoltes ; Considérant les dégâts causés par les blaireaux aux infrastructures routières ou ferroviaires
Nous devons donc comprendre qu’aucune solution d’effarouchement n’a été mise en place. Cependant, si chaque agriculteur appliquait ces méthodes sur ses parcelles, le dispositif serait rapidement mis en place. Rappelons aussi que ces dégâts restent très localisés. Enfin, il ne s’agit pas de prévenir 100% des dommages, ce qui est impossible, mais de les limiter considérablement.
En ce qui concerne les éventuels dégâts causés sur les digues, routes ou ouvrages hydrauliques par le creusement des terriers, la régulation du blaireau a montré son inefficacité voire même un effet contre-productif du fait de la place libérée par l’animal éliminé qui est très vite occupée par un autre individu.
Une méthode simple et pérenne consiste à utiliser des produits répulsifs olfactifs sur les terriers posant problème, ceci accompagné de la mise à disposition à proximité de terriers artificiels. Les avantages de cette solution sont que les animaux continueront d’occuper un territoire sur le même secteur et ne permettront pas l’intrusion d’un nouveau clan. (source : LPO Alsace)
Enfin, nous rappelons que quels soient les termes employés pour enrober ces méthodes létales, le piégeage comme les tirs de nuit sont sources de confusion avec d’autres espèces, et causes de dérangement. Le piégeage est, de plus, une méthode fort cruelle et douloureuse de mise à mort d’un animal. Apprenons à cohabiter avec la faune sauvage plutôt que de la dominer ou la limiter !
Nous rappelons que :

Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

La tuberculose bovine : il est dit dans la note que des déterrages de blaireaux ont eu lieu en 2016-2017 (82 blaireaux tués) alors que, à proximité des troupeaux de bovins infectés, le renforcement de la surveillance par la collecte et l’analyse systématique des cadavres de blaireaux trouvés, ou signalés, morts, ou mourants, sur le bord des routes est à privilégier. Il est donc illogique et contreproductif  de prescrire des opérations de prélèvement de blaireaux par piégeage ou tir. La note précise d’ailleurs « Aucun cas de tuberculose dans la faune sauvage n’a encore été avéré dans le Pas-de-Calais. » !!!!
De plus, dans le cadre de la lutte contre la tuberculose bovine, l’article 7 de l’arrêté ministériel du 7 décembre 2016 relatif à certaines mesures de surveillance et de lutte contre la tuberculose lors de la mise en évidence de cette maladie dans la faune sauvage énonce, parmi les mesures de prévention dans les zones à risque, « [l’]interdiction de la pratique de la vénerie sous terre pour toutes espèces dont la chasse est autorisée en raison du risque de contamination pour les équipages de chiens ».

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