Participation du public sur le dossier de demande d’autorisation d’introduction de deux ourses dans les Pyrénées-Atlantiques

Quelques mois après l’annonce médiatique de Nicolas Hulot de son souhait de relâcher deux ourses à l’automne dans le Béarn, le Préfet des Pyrénées-Atlantiques met en place une consultation du public sur le dossier de demande d’autorisation d’introduction de deux ourses dans les Pyrénées-Atlantiques.

La consultation est ouverte du 25 juin 8H00 au 25 juillet 2018 12H00.

AVES France vous invite à y répondre. Vous pouvez reprendre quelques-uns des arguments ci-dessous, en n’oubliant pas la phrase principale :

Je suis favorable à l’introduction dans le milieu naturel de deux Ours bruns (Ursus arctos) femelles dans le département des Pyrénées-Atlantiques à l’automne 2018.

Répondre à la consultation :
https://www.enquetes-publiques.com/Enquetes_WEB/FR/DEPOSER-I.awp?P1=EP18276

 

Quelques arguments en faveur du projet : 

La population d’ours des Pyrénées est fragile par le faible nombre d’individus, la forte consanguinité et la présence de plusieurs noyaux sur les Pyrénées.

Actuellement, seuls deux ours mâles subsistent en Béarn et le renforcement de deux femelles est urgent si on ne souhaite pas voir l’espèce disparaître localement.

Les Pyrénées constituent un massif exceptionnel doté de richesses faunistique et floristique spécifiques et sont un habitat particulièrement riche et adapté à la présence de l’ours.

L’ours brun est une espèce emblématique des Pyrénées, qu’il est important de préserver.

La conservation de l’ours dans les Pyrénées participera, à terme, au développement économique de la région, par le développement de produits labellisés et d’activités touristiques afin d’attirer les passionnés de nature.

L’ours est une espèce parapluie. Protéger cette espèce emblématique aura des effets positifs sur l’ensemble de la biodiversité.

 


Notre contribution : 

Du côté d’AVES France, nous mettons en avant l’importance de maintenir un dialogue avec tous les acteurs locaux.

Monsieur le Préfet,

L’association AVES France a co-financé en 2017 un processus de dialogue sur le thème de la biodiversité dans le Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises, dans le but d’établir avec chaque acteur du terrain une stratégie commune pour le développement de ce territoire, dans le respect des activités humaines et de la vie sauvage.

Lorsque nous avons appris le souhait du Ministre de la transition écologique et solidaire d’introduire deux ourses dans les Pyrénées-Atlantiques, nous avons eu deux réactions :

– la première, enthousiaste, puisque seuls deux mâles fréquentent actuellement ce territoire ce qui risque, à terme, de provoquer la disparition de l’espèce en Béarn.

– la seconde, plus mesurée, puisque nous savons tous que les précédentes opérations de renforcements de populations d’ours ont provoqué de vives tensions et que 5 des 8 ours relâchés ont connu une fin prématurée.

Soyons clair : l’association AVES France est favorable à l’introduction dans le milieu naturel de deux Ours bruns (Ursus arctos) femelles dans le département des Pyrénées-Atlantiques à l’automne 2018. D’ailleurs, le plan ours 2018-2028 nous semble ambitieux et particulièrement porteur d’espoirs pour l’avenir des populations d’ours sauvages dans notre pays.

Cependant, afin de ne pas reproduire les erreurs du passé, il va falloir mettre des moyens importants sur des processus de dialogue, comme ceux que nous avons mis en place avec l’association INNOVANATURE en Ariège. Ces introductions d’ours doivent être accompagnées de mesures afin de répondre aux craintes des éleveurs. Le maintien du dialogue est essentiel.

Nous pensons que chacun a un rôle à jouer pour que ces introductions d’ourses soient un succès. Les associations naturalistes doivent communiquer sur le sujet sans angélisme afin de sensibiliser l’opinion publique. Il serait souhaitable, d’ailleurs, et même si les rencontres hommes/ours sont rares, de mettre dès maintenant des moyens sur la sensibilisation des touristes, comme ça peut être le cas dans les parcs nationaux américains.

L’ONCFS devrait, à notre avis, avoir un rôle de « police de proximité de la nature ». Ses agents devraient aller régulièrement à la rencontre des éleveurs et des chasseurs sur le terrain, leur communiquer les zones de présence des ours lorsque ceux-ci sont repérés sur leurs secteurs, afin qu’une véritable relation de confiance se développe entre eux. Ces dernières années, plusieurs agents ont été la cible d’éleveurs à cran. Il faut renouer le dialogue avec eux afin de calmer les esprits et établir une relation de confiance.

De la même façon, il convient de garder de bons rapports avec le monde de la chasse, afin de leur déconseiller d’effectuer des battues en zone de présence des ours.

Je crois aussi essentiel d’inclure les journalistes dans cette boucle vertueuse. La France aurait beaucoup à gagner si une communication positive était adoptée par les professionnels des médias, qui à ce jour orientent trop souvent leurs articles sur l’opposition entre un monde rural catégorisé anti-ours ou anti-loup et des protecteurs de la nature sauvage coupés du terrain. La réalité est différente.

Nous sommes convaincus qu’en adoptant une stratégie de communication positive, qu’en maintenant le dialogue entre tous les acteurs de terrain et qu’en accompagnant correctement les éleveurs, ces opérations de renforcements d’ours pourraient être un succès, et favoriser le développement de nouvelles activités économiques sur toute la chaîne Pyrénéenne. Le développement de labels pour mettre en avant les productions locales et d’offres touristiques ciblées sur la richesse de la biodiversité et sur la présence d’une faune d’exception ne peut réussir que si la communication autour de la présence de l’ours est positive. Les gros titres des journaux locaux sur la prédation et sur l’opposition à l’ours sont des messages négatifs qui réduisent tous les efforts à néant. Sortons de cette logique d’opposition et réapprenons à vivre avec le sauvage.

OUI à l’ours. Dans un climat apaisé.

Christophe CORET
Président d’AVES France

 

Rappel : seules les contributions postées en cliquant sur ce lien sont prises en compte : 
https://www.enquetes-publiques.com/Enquetes_WEB/FR/DEPOSER-I.awp?P1=EP18276

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