Somme : avant le 27 mai 2018 : CP sur la chasse à tir et le piégeage des blaireaux

European Badger (Meles meles)
User:Orland – CC BY-SA 2.5

Pour lire le projet d’arrêté  :  http://www.somme.gouv.fr/Publications/Environnement-Consultation-publique/Environnement-Consultation-publique

Pour l’année 2018, compte tenu de l’accroissement de la population de blaireaux, il a été décidé  de rétablir les opérations de colletage sous l’égide des lieutenants de louveterie en complément  des régulations par tir. La période retenue est du 15 juin au 15 septembre 2018
Enfin, au vu des résultats des prises sur les différentes circonscriptions, il a paru nécessaire de
procéder à une sectorisation du département.
Aussi, la moyenne des captures de blaireaux étant plus faible sur les secteurs 6, 7 et 8, il a été
décidé de n’accorder qu’un quota de 230 blaireaux sur ces trois unités. Le reste du quota (soit
1 270 blaireaux) sera réparti sur les unités 1, 2, 3, 4, 5, 9 et 10.

Envoyez vos avis à cette adresse électronique: ddtm-sel@somme.gouv.fr

Nos arguments à reprendre et personnaliser :

Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier. Le blaireau n’est pas une espèce qui « prolifère » ! Abattre ou piéger 1500 blaireaux n’est pas sans conséquences sur la population.

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ».

Globalement la dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an). Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année). De plus une mortalité importante existe déjà due au trafic routier. Les opérations de vénerie peuvent affecter considérablement ses effectifs et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.
Le piégeage (ici l’exercice du piégeage s’effectue au moyen de collets munis d’un arrêtoir) est souvent non sélectif et entraine une mort douloureuse, c’est une pratique cruelle qui ne doit pas être permise dans le cadre de cette « régulation ».
Les tirs de nuit sont également autorisés, qui constituent une autre source de dérangement pour le reste de la faune, et une source de confusion entre espèces.
 Les méthodes de prévention sont à utiliser :

La pose d’un fil électrique à 15 cm du sol a fait la preuve de son efficacité.

Une cordelette enduite de répulsif tendue à 15 cm du sol avant la période prévisible des dégâts joue le même rôle.

Pour les terriers susceptibles d’entraîner des affaissements de terrain, il suffit d’en faire fuir l’occupant en y introduisant des chiffons imbibés d’un répulsif et de reboucher.

2 commentaires sur “Somme : avant le 27 mai 2018 : CP sur la chasse à tir et le piégeage des blaireaux

  1. Monsieur le Préfet,

    Je viens de prendre connaissance de votre projet d’arrêté préfectoral portant sur la régulation du blaireau, à titre exceptionnel (sic), par des battues et des chasses administratives, du 15 juin au 15 septembre 2018, par les lieutenants de louveterie dans le département de la Somme, et ce notamment durant la période de sevrage des jeunes blaireaux (et qui plus est, avec un quota maximum de 1 500 blaireaux !) ; la destruction des blaireaux est ainsi reconduite périodiquement par tir de nuit ET piégeage, et ce sans justification précise des dommages causés.

    Je m’intéresse à titre personnel à la faune sauvage et en particulier aux carnivores de nos contrées.

    Animal sédentaire et essentiellement nocturne, le Blaireau vit en groupe dans des terriers et fréquente principalement les bois de feuillus. Il est omnivore et opportuniste. Les dégâts qu’il peut occasionner dans les cultures de céréales, principalement le maïs lorsqu’il est en lait, sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt, en comparaison des dégâts provoqués à ces mêmes cultures par les sangliers qui font l’objet d’une indemnisation. L’installation d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces.

    Victimes de l’empoisonnement à la strychnine ou du gazage des terriers, entre le début des années 1970 et la fin des années 1980, lors des campagnes de destruction des renards censées lutter contre la rage, les populations de blaireaux restent fragiles et leur dynamique est particulièrement lente. Ces populations souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, bosquets, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

    Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau européen, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

    Le blaireau ne relève plus du classement des espèces d’animaux nuisibles. L’exercice de la vénerie sous terre du blaireau peut être autorisé pour une période complémentaire à partir du 15 mai jusqu’à l’ouverture générale de la chasse. Les prélèvements réalisés dans le cadre de la vénerie sous terre ou lors de battues administratives (par tir de nuit ou piégeage) affectent ses effectifs et peuvent entraîner la disparition locale de l’espèce.

    Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée » ; pour autant, ce texte n’est donc pas respecté puisque les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au mois de juin.

    La reconduction de la destruction par tir de nuit ou piégeage de l’espèce blaireau ne se justifie pas (pour information, cette espèce n’est pas chassable dans le département du Bas-Rhin).

    Philippe CHARLIER
    – MENAUCOURT –

  2. Madame , monsieur ,

    Je participe à cette consultation car , comme de nombreux citoyens de ce pays , je suis consciente du dangereux affaiblissement sinon de
    l ‘ effondrement de la biodiversité .

    Dans cette perspective comment être en accord avec la reconduction de la destruction par tir de nuit ou piégeage de l’ espèce blaireau
    du 15 juin au 15 septembre ( 1500 individus visés ! ) dans le département de la Somme ?

    Les raisons de ce désaccord sont nombreuses , difficilement contestables …

    _ Meles meles , le blaireau d ‘ Europe , est d ‘ après la Convention de Berne une espèce protégée ( Annexe III , article 7 ) ; à titre dérogatoire , la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce est strictement encadrée ( article 8 et 9 ) .

    _ Les populations de blaireaux sont fragiles , elles souffrent de la disparition de leurs habitats ( prairies , haies , lisières … ) , l ‘ espèce est aussi particulièrement impactée par le trafic routier .
    Par ailleurs la dynamique des populations de blaireaux est bien faible ( en moyenne deux ou trois jeunes par an , mortalité juvénile importante de l ‘ ordre de 50% la première année ) .

    Cette espèce est peu abondante , ne « prolifère « pas et les opérations de destruction tout au long de l ‘ année ne peuvent qu ‘ affecter
    considérablement ses effectifs et à terme entraîner la quasi-disparition de l ‘ espèce .

    Inlassablement chassés et traqués , massacrés impitoyablement , les blaireaux vont peu à peu disparaitre du paysage français , comme tant d‘ autres espèces , dans le silence et l ‘ indifférence .
    ET C ‘ EST UNE CHASSE INTENSIVE QUI LEUR DONNERA LE COUP DE GRÂCE .

    _ Piéger , abattre jusqu’à ‘ à 1500 blaireaux ne sera pas sans conséquences .
    Souhaite t-on la disparition de l ‘ espèce à travers le martyr programmé des représentants qui ont pu survivre aux opérations d ‘éradication , diverses et variées , menées à longueur d ‘ année dans ce pays ?

    _Et pourtant , par rapport aux quelques gênes que peuvent occasionner les blaireaux des méthodes alternatives aux massacres programmés
    existent , nous n ‘ insisteront jamais assez sur ce point .

    _ Des méthodes préventives sont à utiliser :

    Par rapport au problème de la déstabilisation des talus par les blaireaux et leurs terriers , il est aisé d ‘ en chasser l ‘ occupant en y introduisant des chiffons imbibés d ‘ un répulsif et de reboucher le terrier .
    L ‘utilisation de produits répulsifs est incontournable et donne des résultats très satisfaisants .
    ( Exemple : une cordelette enduite d ‘ un produit répulsif et tendue à 15 cms du sol avant la période des dégâts est une mesure préventive efficace pour éloigner ces animaux des zones concernées .)
    Ces méthodes ont fait leurs preuves quand on a bien voulu les mettre en oeuvre …

    Espèce sérieusement protégée dans de nombreux pays européens , il est accablant de constater que , dans les faits , en France on met trop facilement en péril cette espèce déjà fragile .
    ( Cf aussi les recommandations du Conseil de l ‘ Europe par rapport au creusage des terriers , cette pratique doit être interdite pour ces effets néfastes sur le blaireau et les espèces cohabitantes ) .

    En conclusion , la réglementation devrait proscrire les méthodes d ‘ abattage cruelles et encourager l ‘ application ,
    l’ exploration de voies alternatives respectueuses du vivant et de la biodiversité si mise à mal .

    Chassé neuf mois et demi le blaireau n ‘a que peu de chances de perdurer , supprimons les blaireaux et nous pleurerons sur les invasions de guêpes , coléoptères , chenilles , campagnols , taupes … la liste est longue .

    « Dieu rit des hommes qui chérissent les causes et pleurent les effets . « Bossuet

    Le permis de tuer sans autre forme de réflexion ne doit plus prévaloir , il en va de la responsabilité des autorités de mettre en oeuvre des réglementations soucieuses en premier lieu de considérations environnementales et éventuellement éthiques , il y a urgence !

    Gabrielle Pajak ( Sabran)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *