Ille et Vilaine, avant le 18 mai 2018 : CP période complémentaire vénerie sous terre du baireau

European Badger (Meles meles)
User:Orland – CC BY-SA 2.5

Pour lire le projet d’arrêté :

http://www.ille-et-vilaine.gouv.fr/Publications/Consultations-publiques/Consultations-Publiques-Environnement/Chasse/Consultations-en-cours/Projet-d-arrete-prefectoral-relatif-a-l-ouverture-et-la-cloture-de-la-chasse-2018-2019

le Préfet propose que l’exercice de la vénerie du blaireau soit autorisé pour une période
complémentaire du 15 mai au 15 septembre 2019 inclus.

 Envoyez vos avis à : ddtm-chasse@ille-et-vilaine.gouv.fr

Nos arguments à reprendre et personnaliser :

Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ». Or, l’article R424-5 du même code précise toutefois que le préfet peut autoriser l’exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai, cet article contrevient donc au précédent.

Globalement la dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an). Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année). De plus une mortalité importante existe déjà due au trafic routier. Ces opérations de vénerie peuvent affecter considérablement ses effectifs et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.
Cette pratique, appelée « vénerie sous terre », est particulièrement barbare et cruelle. Elle inflige de profondes souffrances aux animaux. De plus, lorsque la vénerie est pratiquée à partir du 15 mai, les jeunes blaireaux de l’année ne sont pas entièrement sevrés et dépendent encore des adultes.
Cette pratique n’est pas non plus sans conséquence pour d’autres espèces sauvages. En effet, une fois l’opération terminée, les terriers se trouvent fortement dégradés. Or ces derniers sont régulièrement utilisés par d’autres espèces, dont certaines sont réglementairement protégées par arrêté ministériel et directive européenne, comme le Chat forestier (Felis silvestris) ou des chiroptères.
Les recommandations du Conseil de l’Europe vont d’ailleurs en ce sens : « Le creusage des terriers, à structure souvent très complexe et ancienne, a non seulement des effets néfastes pour les blaireaux, mais aussi pour diverses espèces cohabitantes, et doit être interdit. »

4 commentaires sur “Ille et Vilaine, avant le 18 mai 2018 : CP période complémentaire vénerie sous terre du baireau

  1. Objet : vénerie du blaireau pour une période complémentaire du 15 mai 2019 au 15 septembre 2019.
    Au nom de la biodiversité et contre la cruauté stoppons le massacre de ces créatures.

    Monsieur le Préfet,

    Je vous fais part de mes observations suivantes, concernant le projet d’arrêté préfectoral sur une période complémentaire pour la destruction des blaireaux dans le Département d’Ille et Vilaine :

    Non le blaireau n’est pas nuisible, il est même désormais protégé*, car en raréfaction, et il ne prolifère pas comme l’homme, qui lui, surpeuple et détruit espaces et espèces autour de lui .

    OUI le blaireau a toute sa place dans le monde de la biodiversité.

    Non les chasseurs ne sont pas des protecteurs de la nature, mais les protecteurs de leur seuls gibiers d’élevages relâchés honteusement la veille.
    OUI la chasse est avant tout un lobby puissant auquel les politiques se soumettent, quitte à bafouer l’intérêt de la biodiversité dont ils se gargarisent.
    En plus aucun chiffre n’est donné sur le nombre de blaireaux à massacrer dans votre département.
    En plus la chasse nuit gravement aux autres utilisateurs de la nature pour qui elle est dangereuse (cf. le nombre de tués et blessés par la chasse).
    La chasse avec la destruction des terriers: est, outre une méthode cruelle et ignoble, mais aussi le dérangement effrayant pour toute la nature et ses hôtes.

    Et enfin pour légitimer la tuerie des blaireaux, on les accuse de maladies et de moult dégâts; c’est si facile pour s’en débarrasser.

    Or, ces êtres peureux disparaissent victimes de la destruction des haies , de leur territoires et des écrasements par le trafic routier.

    Quand laisserez-vous enfin vivre en paix la nature et toute sa belle biodiversité ?

    Tous ces odieux arrêtés qui se succèdent pour tirer sur les blaireaux, corbeaux, corneilles et les renards, la nature n’en peut plus et nous on n’en veut plus.

    Ca suffit cette soumission aux lobbys chasse avec nos impôts détournés pour ces jeux de massacres .

    La France est loin derrière les autres pays, qui savent faire côtoyer la population avec les blaireaux , les renards, les corbeaux et autres espèces sauvages, et ce même dans les villes.

    Prenez exemple sur LONDRES et BERLIN, beau témoignage d’une vie harmonieuse et en paix avec les animaux, que les habitants et touristes se plaisent à observer en pleine ville et en toute quiétude.

    Ca suffit d’inventer moult prétextes et causes non démontrés, en arguant de prétendues dégâts (sans preuves chiffrées) et des accidents avec les voitures or c’est la faune qui est décimée par le trafic routier.

    Enfin pourquoi nous consulter, pour ne jamais tenir compte des observations, qui sont majoritairement et explicitement contre ces arrêtés qui ne cessent de vouloir exterminer détruire ces nobles animaux.

    Avec ces massacres organisés la nature en France est devenue muette, déserte et peureuse, c’est une HONTE et une tristesse .

    Cordialement

    jacqueline PELERINS 69580 SATHONAY

    * Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ». Et aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ».

  2. Bonsoir

    Le projet d’arrêté fait référence à un article que je suis allée voir sur légifrance :

    « Article R424-5
    Modifié par Décret n°2006-665 du 7 juin 2006 – art. 23 JORF 8 juin 2006
    La clôture de la vénerie sous terre intervient le 15 janvier.

    Le préfet peut, sur proposition du directeur départemental de l’agriculture et de la forêt et après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et de la fédération des chasseurs, autoriser l’exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai. »

    RIEN depuis 2006 !

    Cette disposition, cette possibilité, a été édictée il y a plus de 10 ans, et sans prévoir d’évaluation, ce qui est quand même hallucinant !

    Compte tenu du départ possible de Nicolas Hulot, est-il envisageable de lui demander une nouvelle fois de se positionner sur les blaireaux, en lui montrant la nécessité de mettre rapidement à jour des textes réglementaires sur lesquels s’appuient les Préfets, anciens et qui ne tiennent pas compte des évolutions des effectifs de l’espèce ?

    Merci de votre réponse.

  3. Madame , monsieur ,

    Je participe à cette consultation car , comme de nombreux citoyens de ce pays , je suis consciente du dangereux affaiblissement sinon de l ‘ effondrement de la biodiversité .

    Dans cette perspective comment être en accord avec le prolongement de la période de vénerie du blaireau dans ce département ?

    Les raisons de ce désaccord sont nombreuses , difficilement contestables …

    _ Meles meles , le blaireau d ‘ Europe , est d ‘ après la Convention de Berne une espèce protégée ( Annexe III , article 7 ) ; à titre dérogatoire , la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce est strictement
    encadrée ( articles 8 et 9 ) .

    _ Les populations de blaireaux sont fragiles , elles souffrent de la disparition de leurs habitats ( prairies , haies , lisières … ) , l ‘ espèce est aussi particulièrement impactée par le trafic routier .
    Par ailleurs la dynamique des populations de blaireaux est bien faible ( en moyenne deux ou trois jeunes par an , mortalité juvénile importante de l ‘ ordre de 50% la première année ) .

    Cette espèce est peu abondante et les opérations de vénerie tout au long de l ‘ année ne peuvent qu ‘ affecter considérablement ses effectifs et à terme entraîner la quasi-disparition de l ‘ espèce .

    Inlassablement chassés et traqués , massacrés impitoyablement , les blaireaux vont peu à peu disparaitre du paysage français , comme tant d ‘ autres espèces , dans le silence et l ‘ indifférence .
    Et c ‘ est une chasse intensive qui leur donnera le coup de grâce .

    _ Enfin rappelons quand même que la vénerie sous terre atteint des sommets de barbarie et de cruauté difficilement imaginables ; les quelques images qui circulent sont là pour témoigner du caractère insoutenable de la chose .

    Et quand la vénerie est pratiquée partir du 15 mai , les jeunes non entièrement sevrés , dépendent encore des adultes .
    C ‘ est donc une pratique relevant de la torture , une mort terrible qui est imposée à ces animaux et à leurs petits .

    _ Par rapport au problème de la déstabilisation des talus par les blaireaux , l ‘ installation de fils électriques ou encore l ‘utilisation d ‘ un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces pour éloigner ces animaux -là des zones concernées ,
    ces méthodes ont fait leurs preuves quand on a bien voulu les mettre en oeuvre .

    Ces différents éléments sont à prendre en considération en ce qui concerne la gestion cynégénétique du blaireau dans le département pour la campagne 2018-2019 et la vénerie sous terre du blaireau pour la période complémentaire
    ne devrait pas être .

    Espèce sérieusement protégée dans de nombreux pays européens , il est pénible de constater que , dans les faits , en France on met trop facilement en péril cette espèce déjà fragile , même si certains départements interdisent
    l ‘ application de la période complémentaire ( Départements du sud , Vosges … ) .
    ( Cf aussi les recommandations du Conseil de l ‘ Europe par rapport au creusage des terriers , cette pratique doit être interdite pour ces effets néfastes sur le blaireau et les espèces cohabitantes ) .

    En conclusion , la réglementation devrait proscrire les méthodes d ‘ abattage cruelles , d ‘ un autre âge , et encourager l ‘ application , l ‘ exploration de voies alternatives respectueuses du vivant et de la biodiversité si mise à mal .
    Chassé neuf mois et demi le blaireau n ‘a que peu de chances de perdurer , supprimons les blaireaux et nous pleurerons sur les invasions de guêpes , coléoptères , chenilles , campagnols , taupes … la liste est longue .

    Le permis de tuer sans autre forme de réflexion ne doit plus prévaloir , il en va de la responsabilité des autorités de mettre en oeuvre des réglementations soucieuses en premier lieu de considérations environnementales
    et éventuellement éthiques , il y a urgence !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *