URGENT jusqu’au 2 mai 2018 (Ardennes) : Consultation du public sur la mise en place de chasses particulières de blaireaux à des fins de lutte contre tuberculose bovine dans certaines communes du département

European Badger (Meles meles)
User:Orland – CC BY-SA 2.5

ATTENTION, envoyez vos avis avant le 2 mai 2018 à :

ddcspp-spae@ardennes.gouv.fr

Le lien vers le projet d’arrêté : http://www.ardennes.gouv.fr/IMG/pdf/ap_2018_lutte.pdf

« Les opérations prévues à l’article 2 du présent arrêté consistent au prélèvement, par tous moyens prévus à l’article 8, de blaireaux afin de dépister sur les animaux capturés, la présence de mycobactéries responsables de la tuberculose bovine sur les zones «infectées » et «tampon».

La vénerie sous terre est interdite pour ces abattages mais pourront être tués 80 blaireaux sur ces 2 zones, notamment par piégeage et tirs de nuit.

Nos arguments :

L’installation d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces, également pour éloigner les blaireaux des troupeaux de vaches.

Concernant la surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage, à proximité des troupeaux de bovins infectés, le renforcement de la surveillance par la collecte et l’analyse systématique des cadavres de blaireaux trouvés, ou signalés, morts, ou mourants, sur le bord des routes est à privilégier. Il est donc illogique et contreproductif  de prescrire des opérations de prélèvement de blaireaux par piégeage ou tir.

Dans son avis publié lundi 13 juin 2016, le CSPNB met sérieusement en cause ces pratiques, et les motifs invoqués: «ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux». D’autant que les méthodes utilisées sont «particulièrement choquantes»

Quant à la tuberculose bovine, la législation française prévoit, par prévention, l’abattage total des blaireaux dans une zone de 1 km autour d’un foyer bovin, puis une surveillance épidémiologique -d’abord par abattage d’un échantillon d’adultes dans un deuxième cercle, puis sans abattage dans un troisième. D’autres espèces constituent toutefois des réservoirs plus importants de la maladie, dont le cerf et le sanglier, note le CSPNB, favorable à une approche vaccinale «même dans les régions où la prévalence de la maladie est encore faible».

L’épizootie est interne à la filière bovine et l’espèce blaireau n’est pas, à ce jour, un réservoir sauvage de l’infection.

1 commentaire sur “URGENT jusqu’au 2 mai 2018 (Ardennes) : Consultation du public sur la mise en place de chasses particulières de blaireaux à des fins de lutte contre tuberculose bovine dans certaines communes du département

  1. Monsieur le Préfet,

    Je viens de prendre connaissance de votre projet d’arrêté préfectoral portant différentes mesures contre la tuberculose bovine dans certaines communes du département des Ardennes pendant un délai maximum d’un an, par des chasses particulières aux fins de surveillance et prévention de la tuberculose bovine ; le tir des blaireaux à l’approche, à l’affût et de jour par les chasseurs titulaires d’un plan de chasse grand gibier ou leurs ayant-droits et titulaires d’un permis de chasser validé à partir du 1er juin (jusqu’à l’ouverture générale de la chasse) est ainsi reconduit, alors que seul le tir d’été du renard est autorisé à l’occasion du tir anticipé du chevreuil ou du sanglier en application de l’article R. 424-8 du Code de l’environnement !

    Animal sédentaire et essentiellement nocturne, le blaireau vit en groupe dans des terriers et fréquente principalement les bois de feuillus. Il est omnivore et opportuniste. Les dégâts qu’il peut occasionner dans les cultures de céréales, principalement le maïs lorsqu’il est en lait, sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt, en comparaison de ceux provoqués à ces mêmes cultures par les sangliers qui font l’objet d’une indemnisation. L’installation d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces.

    Victimes de l’empoisonnement à la strychnine ou du gazage des terriers, entre le début des années 1970 et la fin des années 1980, lors des campagnes de destruction des renards censées lutter contre la rage, les populations de blaireaux restent fragiles et leur dynamique est particulièrement lente. Ces populations souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, bosquets, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

    Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ». Et aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ».

    Pour ce qui est de la surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage, à proximité des cheptels bovins infectés, le renforcement de la surveillance par la collecte et l’analyse systématique des cadavres de blaireaux trouvés, ou signalés, morts, ou mourants, sur le bord des routes est à privilégier avant de prescrire des opérations de prélèvement de blaireaux par piégeage ou tir à des fins de dépistage, toute l’année, même en période de mise bas et d’allaitement des blaireautins, et ce en l’absence d’un contrôle du respect de la procédure de traçabilité des blaireaux prélevés.

    Outre la surveillance épidémiologique, la réduction des densités des populations de blaireaux entreprise dans les zones infectées relève d’une méthode très contestée scientifiquement depuis longtemps et peut entraîner la disparition locale de l’espèce. La prévalence d’infection dans la faune sauvage ne préjuge pas de la propagation intraspécifique ou interspécifique.

    La « régulation » des populations de blaireaux par piégeage ou tir, en périphérie des élevages bovins infectés, ne se justifie pas ; l’épizootie est interne à la filière bovine et l’espèce blaireau n’est pas, à ce jour, un réservoir sauvage de l’infection.

    Respectueusement,

    Philippe CHARLIER
    – MENAUCOURT –

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