Régulation par tirs de nuit du renard par les lieutenants de louvèterie (Ardennes -08)

Renards
© Christophe CORET

Date limite pour déposer les observations : 16 mars

2018

l’adresse  : ddt-chasse@ardennes.gouv.fr

Le lien vers le projet d’arrêté préfectoral : cliquer ici.

Les arguments de la préfecture :

Considérant la nécessité de réguler le renard en raison des cas de gale sarcopique observés, que cette espèce
occasionne des dégâts dans les élevages avicoles et autres propriétés et qu’une régulation du renard peut avoir un effet  positif sur le maintien de certaines espèces d’oiseaux nichant au sol et de petits mammifères, les lieutenants de
louveterie sont missionnés pour détruire le renard à tir et de nuit.
Les opérations prévues dans le projet d’arrêté soumis à la consultation du public s’appliqueront de la signature de
l’arrêté jusqu’au 31 mars 2018 et du 9 juin au 10 septembre 2018.

Nos arguments pour contrer ce projet, à reprendre et personnaliser :

    • Pour prévenir les dégâts causés aux élevages avicoles en particulier ou aux élevages ovins, des mesures de prévention efficaces peuvent être mises en place (enterrer la clôture, effarouchement, etc.). D’ailleurs, aucun chiffre n’est communiqué dans la note de présentation; Quels sont les dégâts et à quel montant sont-ils chiffrés ?
    • Le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à la régulation des populations de rongeurs. Si le petit gibier disparait, c’est essentiellement la faute des chasseurs et d’une urbanisation croissante.  Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole. Par ailleurs, le renard ne sera jamais en surpopulation car c’est une espèce qui s’autorégule en fonction de la disponibilité en nourriture.
    • Les tirs de nuit sont susceptibles de générer des erreurs et de la confusion entre espèces, sans compte le dérangement de la faune non visée.
    • Les tirs, en provoquant le déplacement des individus, ont un effet contre-productif sur la propagation des zoonoses. Des études scientifiques ont montré que le renard contribue également à limiter la diffusion de la maladie de Lyme.
    • Le tribunal administratif de Strasbourg a déclaré illégal le 10 janvier 2018 les tirs de nuit qui avaient été autorisés par le préfet de Moselle en 2016.
    • Pour assurer le suivi des zoonoses, l’analyse des renards prélevés par tir, piégeage ou déterrage, ou des renards trouvés morts sur le bord des routes, est à privilégier avant de prescrire des opérations de prélèvement de renards par tir de nuit en particulier.
    • le parasite de la gale du chien est différent de celui de l’Homme, et les chiens de chasse sont les premiers vecteurs de la maladie.
    • La protection du « petit gibier », c’est c’est bien là l’argument essentiel de ce projet d’arrêté qui ne favorisera que les seuls chasseurs, ne repose sur aucun fondement écologique, ces animaux étant tués pour une chasse de loisir. La petite faune sera mieux préservée si son habitat naturel est protégé, notamment d’une urbanisation galopante, de l’agriculture intensive et de la modification des paysages. Merci de communiquer une étude démontrant que le renard est responsable de la diminution de la petite faune !

8 commentaires sur “Régulation par tirs de nuit du renard par les lieutenants de louvèterie (Ardennes -08)

  1. Vous avez écrit que la consultation se déroulait jusqu’au 16 mars 2017 !! 2018… ? C’est une erreur de frappe ?

  2. Monsieur le Préfet,

    Je viens de prendre connaissance de votre projet d’arrêté préfectoral autorisant la destruction à tir et de nuit des renards par les lieutenants de louveterie, jusqu’au 31 mars 2018 et du 9 juin au 10 septembre 2018, dans le département des Ardennes ; la destruction des renards est ainsi reconduite périodiquement, et ce sans justification précise des dommages causés, ni limitation du nombre de renards à prélever. Et cet arrêté ne peut être applicable qu’à partir de la notification aux intéressés, et non à compter de la date de signature !

    Je m’intéresse à titre personnel à la faune sauvage et en particulier aux carnivores de nos contrées.

    PPar l’arrêté ministériel du 30 juin 2015 modifié fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles, le Renard est classé « nuisible » sur l’ensemble du département. Pourtant, en application de l’arrêté ministériel du 14 mai 2014 relatif au contrôle des populations de campagnols nuisibles aux cultures, « des mesures [favorisant] la pression de prédation naturelle (…) des populations de petits rongeurs [sont à mettre en œuvre] ». De plus, « aucune problématique de santé publique ne semble pouvoir justifier le classement nuisible du renard » (cf. Guide pratique relatif à l’élaboration des dossiers de demandes préfectorales de classement ministériel de spécimens d’espèces sauvages indigènes en tant que « nuisibles », MEDDE, juin 2014).

    Pour ce qui est de la lutte contre les zoonoses, la rage vulpine a pu être éradiquée par une campagne de vaccination orale des renards. La réduction des populations de renards par différents moyens (primes d’incitation à la destruction, appâts empoisonnés ou gazage des terriers) a été inopérante, qui a favorisé la propagation de l’épizootie. En ce qui concerne la gale sarcoptique, cette parasitose n’est pas transmissible à l’Homme.

    Pour assurer le suivi des zoonoses, l’analyse des renards prélevés par tir, piégeage ou déterrage, ou des renards trouvés morts sur le bord des routes, est à privilégier avant de prescrire des opérations de prélèvement de renards par tir de nuit en particulier. Et pour prévenir les dégâts causés aux élevages avicoles en particulier, des mesures alternatives à la destruction peuvent être mises en place (cf. Prédation sur les volailles, Ministère de la Région wallonne).

    La régulation des populations de renards s’avère inefficace, qui relève d’une méthode très contestée scientifiquement depuis longtemps, les jeunes renards en dispersion comblent les territoires laissés vacants (cf. Évolution des populations de renards en France, Faune sauvage n° 306, 1er trimestre 2015).

    Par sa présence, le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à la régulation des populations de rongeurs (cf. Campagnols : la prédation est votre meilleure arme, efficace et durable, Techniques culturales simplifiées n° 66, janvier/février 2012), et n’a pas à être érigé en bouc émissaire de la disparition du petit gibier (cf. Des mots d’un autre âge, Plaisirs de la chasse n° 738, janvier 2014). Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole notamment.

    La reconduction de la destruction par tir de nuit de l’espèce renard ne se justifie pas.

    Respectueusement,

    Philippe CHARLIER
    – MENAUCOURT –

  3. Monsieur le Préfet,

    Je vous fais part de mes observations suivantes, concernant le projet d’arrêté préfectoral sur la destruction des renards par tirs de nuit dans le Département des
    Ardennes:

    Non le renard n’est pas nuisible, il est même en raréfaction, et il ne prolifère pas comme l’homme, qui lui, surpeuple et détruit espaces et espèces autour de lui .

    OUI le renard a toute sa place dans le monde de la biodiversité.

    Non les chasseurs ne sont pas des protecteurs de la nature, mais les protecteurs de leur seuls gibiers d’élevages relâchés honteusement la veille.
    OUI la chasse est avant tout un lobby puissant auquel les politiques se soumettent, quitte à bafouer l’intérêt de la biodiversité dont ils se gargarisent.
    En plus aucun chiffre n’est donné sur le nombre de renards à massacrer dans votre département.
    En plus la chasse nuit gravement aux autres utilisateurs de la nature pour qui elle est dangereuse (cf. le nombre de tués et blessés par la chasse).
    La chasse avec la destruction des terriers: est, outre une méthode cruelle et ignoble, mais aussi le dérangement effrayant pour toute la nature et ses hôtes.

    Et enfin pour légitimer la tuerie des renards, on les accuse de maladies et de moult dégâts; c’est si facile pour s’en débarrasser.

    Or, ces êtres peureux disparaissent victimes de la destruction de leur territoires et des écrasements par le trafic routier.

    Quand laisserez-vous enfin vivre en paix la nature et toute sa belle biodiversité ?

    Tous ces odieux arrêtés qui se succèdent pour tirer sur renards , les blaireaux, corbeaux, corneilles , la nature n’en peut plus et nous on n’en veut plus.
    Ca suffit de piétiner ainsi la biodiversité française , en détruisant tout ce qui contrarie la boulimie sans fin de l’espèce humaine.
    Chaque jour un animal semble de trop sur la planète, surtout en France, « terre d’écueil » pour les animaux sauvages: le loup , le renard , le corbeau , le blaireau …tous à éliminer .

    Ca suffit cette soumission aux lobbys chasse avec nos impôts détournés pour ces jeux de massacres .

    La France est loin derrière les autres pays, qui savent faire côtoyer la population avec les blaireaux , les renards, les corbeaux et autres espèces sauvages, et ce même dans les villes.

    Prenez exemple sur LONDRES et BERLIN, beau témoignage d’une vie harmonieuse et en paix avec les animaux, que les habitants et touristes se plaisent à observer en pleine ville et en toute quiétude.

    Ca suffit d’inventer moult prétextes et causes non démontrés, en arguant de prétendues dégâts (sans preuves chiffrées) et des accidents avec les voitures or c’est la faune qui est décimée par le trafic routier.

    Enfin pourquoi nous consulter, pour ne jamais tenir compte des observations, qui sont majoritairement et explicitement contre ces arrêtés qui ne cessent de vouloir exterminer détruire ces nobles animaux.

    Avec ces massacres organisés la nature en France est devenue muette, déserte et peureuse, c’est une HONTE et une tristesse .

    Cordialement

    pour l ‘association Dignité Animale de Lyon

    jacqueline PELERINS

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