Consultation publique : Arrêté autorisant le tir de nuit du renard à des fins cynégétiques jusqu’au 31 mars 2018 (54)

© Renards by Christophe CORET – AVES France

Consultation ouverte du 22 janvier 2018 au 6 février 2018 inclus, visible sur le site officiel.

« Déplorer les effets et chèrir les causes » ou comment résumer la politique de destructions de renards. On déplore les dégâts causés par les rongeurs et on continue de détruire « à des fins cynégétiques » (à comprendre : pour le plaisir de mordus de la gâchette) un de leur principal prédateur.

Le principal argument avancé est la « préservation de la biodiversité », essentiellement via l’accroissement de la population de lièvres et de perdrix, espèces chassables, faisant d’une pierre deux coups: on « régule » le renard pour « favoriser la biodiversité » et notamment le lièvre, qu’on accusera ensuite de causer des dégâts sur l’agriculture, pour mieux le « réguler » lui aussi. Et nous connaissons la capacité de régulations des chasseurs, regardons la « régulation » des sangliers et des cerfs sans leurs proies naturelles : une catastrophe écologique.

La régulation des populations de renards s’avère inefficace, qui relève d’une méthode très contestée scientifiquement depuis longtemps, les jeunes renards en dispersion comblent les territoires laissés vacants.
Il continue pourtant d’être le bouc émissaire dès lors qu’on parle du petit gibier, alors que ce ne sont pas ses principales proies. Quant aux faisans, c’est un non sujet puisqu’il est originaire d’Asie et que 95% des individus chassés sont issus de lâchers.

Vous pouvez répondre à la consultation via ddt-afc@meurthe-et-moselle.gouv.fr avant le 6 février inclus.

4 commentaires sur “Consultation publique : Arrêté autorisant le tir de nuit du renard à des fins cynégétiques jusqu’au 31 mars 2018 (54)

  1. Stop à la chasse aux renards! tout le monde sait qu’il est utile, avec leur destruction les rats taupiers envahissent les prairies, les renards sont très utiles pour la maladie de Lyme aussi, ils contribuent à éliminer les tiques que portent les petits rongeurs en mangeant ceux-ci et ainsi il y a moins de tiques. Le renard ne doit plus être chassé ! certains pays le protègent, alors à quand la France toujours en retard pour la bonne cause

  2. Monsieur le Préfet,

    Je viens de prendre connaissance de votre projet d’arrêté préfectoral autorisant le tir de nuit du renard à des fins cynégétiques par les lieutenants de louveterie jusqu’au 31 mars 2018 sur les territoires des Groupements d’intérêt cynégétique (GIC) petit gibier, dans le département de Meurthe-et-Moselle ; afin « de [soutenir les] effectifs de petit gibier sur les territoires des GIC petit-gibier, contribuant à la biodiversité », la destruction des renards est ainsi reconduite périodiquement, et ce sans justification précise des dommages causés. Et cet arrêté ne peut être applicable qu’à la date de notification, et non à compter de la date de signature !

    Je m’intéresse à titre personnel à la faune sauvage et en particulier aux carnivores de nos contrées.

    Par l’arrêté ministériel du 30 juin 2015 modifié fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles, le Renard roux, Vulpes vulpes, est classé « nuisible » sur l’ensemble du département. Pour autant, en application de l’arrêté ministériel du 14 mai 2014 relatif au contrôle des populations de campagnols nuisibles aux cultures, « des mesures [favorisant] la pression de prédation naturelle (…) des populations de petits rongeurs [sont à mettre en œuvre] ».

    La régulation des populations de renards s’avère inefficace, qui relève d’une méthode très contestée scientifiquement depuis longtemps, les jeunes renards en dispersion comblent les territoires laissés vacants (cf. Évolution des populations de renards en France, Faune sauvage n° 306, 1er trimestre 2015).

    Par sa présence, le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à limiter la prolifération des populations de rongeurs (cf. Campagnols : la prédation est votre meilleure arme, efficace et durable, Techniques culturales simplifiées n° 66, janvier/février 2012), et n’a pas à être érigé en bouc émissaire de la disparition du petit gibier (cf. Des mots d’un autre âge, Plaisirs de la chasse n° 738, janvier 2014). Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole notamment.

    La reconduction de la destruction par tir de nuit de l’espèce renard ne se justifie pas.

    Philippe CHARLIER
    – MENAUCOURT –

  3. Bonjour,

    Mr Philippe Charlier a très bien présenté le problème et l’a résumé avec brio. Je me joins à lui dans sa démarche. Stop aux décisions écocides.

  4. bonjour,
    ci-dessous mon avis pour la CP, envoyé hier par courriel.
    MERCI beaucoup à vous
    __________________________________
    Bonjour,
    Nous vivons dans la campagne tout près des renards (2 terriers autour de la maison) et depuis plus de 35 ans sans aucun inconvénient d’aucune sorte. Pourtant beaucoup sont tués et piégés dans notre secteur.
    Le tir de nuit du renard -malgré que la réglementation lui confère un caractère exceptionnel- a cependant été autorisé sans coup férir dans plusieurs départements du territoire.
    (L’Arrêté de tir de nuit en Moselle vient d’être annulé par le TA de Strasbourg)
    Dans ces Arrêtés les arguments des Fédérations sont récurrents, identiques, toujours fondés sur la nuisibilité absolue du renard. Au final, en Meurthe-et-Moselle comme ailleurs, cette espèce subit le même sort: les renards sont injustement et implacablement tués sous tous les prétextes, mais en réalité uniquement pour conforter le loisir-plaisir des chasseurs.

    1°) la « dictature » des GIC et la gestion imposée d’un patrimoine naturel
    Les GIC sont des groupements privés, gérés en interne par les Fédérations. Les faisans, lièvres, perdrix etc….réintroduits ne le sont que par le désir des chasseurs de multiplier et diversifier le petit gibier -et donc leurs cibles- pour une chasse-loisir pérenne, cela est dit ouvertement par les Fédérations.
    Sous l’alibi de « restaurer la biodiversité », les « efforts » en rapport avec la « gestion » avant/après de ces relâchers n’ont qu’un seul but: favoriser l’abondance d’un gibier chassable (ex: »développer les aides financières à la faune de plaine comme les jachères petit GIBIER » – annexe au projet)
    Les « moyens humains techniques et financiers » ne regardent que l’intérêt des GIC et eux seuls, pourtant leurs exigences sont IMPOSEES de fait à tout le monde par les Arrêtés de destruction de jour comme de nuit des renards. Il n’est tenu aucun compte des oppositions lors des Consultations publiques, alors qu’une grande majorité des citoyens s’exprime contre la régulation de cette espèce.
    Pour garder sous cloche leur gibier présent et futur (tout en s’offrant grâce au renard une cible quasi permanente) les chasseurs détruisent une faune sauvage patrimoniale, indigène, auxiliaire particulièrement utile dans l’agriculture et l’éco-système (prédation des rongeurs, des bêtes malades et affaiblies, « nettoyage » des cadavres etc…) .
    Cette main-mise d’un intérêt PRIVE sur l’intérêt général est tout aussi inadmissible dans le principe: si les chasseurs estiment avoir droit de vie et de mort sur le gibier qu’ils ont réintroduit à leurs frais pour leur loisir (passons sur l’éthique de cette pratique) ils n’ont pas la propriété de la faune sauvage autochtone res nullius, celle-ci fait partie du patrimoine naturel.
    La destruction de jour comme de nuit du renard sous le prétexte de préserver le petit gibier des GIC n’est absolument pas justifiée.

    2°) l’impact du tir de nuit en faveur du petit gibier n’est pas démontré
    La prédation par les renards a toujours existé, elle est naturelle, épisodique et sans commune mesure avec les prélèvements par la chasse du petit gibier dans le département.
    Quelques chiffres de la campagne 2016-17 en Meurthe et Moselle (sources–> bilan=annexe au projet tir de nuit + video youtube AG 2017 FDC54)
    – 6270 renards ont été piégés et tirés (dont 760 en tir de nuit!)
    – Cependant 1570 lièvres ont été tirés sur 3 mois de chasse
    Pour 1 lièvre au tableau de chasse……4 RENARDS SONT DONC TUES!
    – 1743 poussins de Faisans ont été élevés en 2016 pour le relâcher en vue de la chasse. 490 Bécasses ont été tirées en 2016-17.

    Ces chiffres résument toute la mauvaise foi et l’absurdité de la destruction massive du renard, sous prétexte de déprédation du petit gibier, dont les chasseurs sont de très loin les plus grands prédateurs….
    (le prélèvement chasse du lièvre est en augmentation…alors que la population est dite « fragile » et le prélèvement « freiné »?????? incohérence p.5 annexe)
    La liste considérable des communes concernées et des louvetiers rien que pour le tir de nuit montrent bien que la régulation complémentaire du renard « en faveur du petit gibier » est hors de proportion et qu’elle tient de l’abattage organisé plutôt que du bon sens, de la logique, et de l’éthique.
    Qu’est-ce qui peut justifier objectivement une destruction supplémentaire en tir de nuit de 500 renards…jetés à la benne, alors que 5800 le sont déjà de jour??? (chiffres 2016-17)

    Il n’est pas du tout démontré au travers des chiffres IKA présentés, que le lièvre serait menacé par la présence du renard.
    – Sur la corrélation entre régulation du renard et effectifs lièvre, l’interprétation donnée par la fédération est extrêmement CONTESTABLE. Les droites linéaires des 2 comptages sont un raccourci simpliste qui n’a rien de rigoureux. Malgré un IKA renard relativement stable, l’IKA lièvre peut se trouver en dent de scie, au-dessus ou en-dessous de la ligne.. Certaines années les points IKA sont nettement en contradiction avec l’affirmation de cause à effets, y compris sur l’IKA massif.
    – Dans l’annexe, la fédération reconnait l’influence -en-dehors du renard- d’autres facteurs déterminants sur la variation des effectifs de la population lièvre, c’est un élément évacué dans la déduction sur les variations IKA pour cette espèce..
    L’ « apport incontestable du tir de nuit » argument fondé sur les chiffres IKA est donc très critiquable, il ne peut pas être retenu.
    (Cette question avait déjà été évoquée l’an passé sur le même sujet, sans qu’aucune réponse ne soit donnée dans la synthèse de la décision)

    3°) Période d’autorisation du tir de nuit et risques de cette pratique
    – La période du tir de nuit jusqu’au 31 Mars implique la destruction de renardes gestantes ce qui, outre l’aspect non-ETHIQUE, fera incontestablement chuter les effectifs de l’espèce. L’auto-régulation naturelle du renard ainsi que la sélection naturelle des jeunes, les maladies et les accidents sont suffisants à limiter la population des renards, sans ajouter à la destruction de jour celle « transitoire » en tir de nuit, mesures inefficaces et contre productives puisque l’espèce compense la régulation, tout en devenant plus vulnérable aux maladies.
    La chasse du petit gibier (Faisans, Lièvre, Perdrix) se termine au 31 Janvier maximum , un tir de nuit complémentaire des renards jusqu’au 31 Mars sous prétexte de déprédation du petit gibier est incohérent et ne se justifie pas, il ne vise qu’à éliminer un maximum de renards avant l’arrêt pour 2 mois des prélèvements.
    – Même en cas d’intervention des Louvetiers, les inconvénients ou les risques du tir de nuit sont souvent rappelés par les Fédérations elles-mêmes: pollution nocturne par les lumières et les véhicules, dérangement de la faune sauvage, visibilité ambiante réduite, mauvaise appréciation des distances, etc…sans parler de l’aspect éthique: la nuit, les renards sont bien plus vulnérables et la traque plus facile.
    Dans ces conditions le tir de nuit en complément de la destruction de jour n’est pas admissible

    Pour toutes ces raisons et parce qu’il n’y a pas de justifications valables à « l’enjeu important de la démarche », je suis CONTRE ce projet de tir de nuit dans le département de Meurthe-et-Moselle.

    Je vous remercie par avance de prendre en compte ces observations.

    Respectueusement,

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