Urgent : projet d’arrêté préfectoral d’ouverture et de clôture de la chasse dans le Pas de Calais campagne 2017-2018

European Badger (Meles meles)
User:Orland – CC BY-SA 2.5

Pour aider les blaireaux, merci de participer avant le 31 août 2017 :

Le projet d’arrêté qui prévoit à l’article 4: « L’exercice de la vénerie du blaireau est autorisée pour une période complémentaire du 15 mai 2018 jusqu’à l’ouverture générale de la chasse de la campagne 2018-2019.

 http://pas-de-calais.gouv.fr/content/download/28193/190203/file/Projet%20d%27arr%C3%AAt%C3%A9%20pr%C3%A9fectoral%20d%27ouverture%20et%20de%20cl%C3%B4ture%20de%20la%20chasse%20dans%20le%20Pas-de-Calais%20Campagne%202017-2018.pdf

Envoyez vos remarques personnalisées  à : ddtm-participation-public@pas-de-calais.gouv.fr (en indiquant « Opposition au projet d’arrêté préfectoral concernant la vénerie du blaireau pour la campagne 2017-2018)

Voici les arguments proposés par le GDEAM 62 :

Surtout, n’oubliez pas de personnaliser !

– L’arrêté prévoit cette période complémentaire par anticipation, c’est à dire avant même que des conflits d’usages, dégâts potentiels soient avérés. Cette pratique est choquante en soi car on anticipe sur des éléments non connus et non circonstanciés.

– Si le motif de sécurité sanitaire est supposé (transmission de la tuberculose bovine de la faune sauvage aux animaux domestiques), celui-ci est irrecevable dans le Pas-de-Calais. En effet, le département n’est classé qu’en catégorie 1 et les mesures de surveillance stipulées dans le cadre de Sylvatub sont déjà mise en œuvre sur les spécimens tués à la chasse ou lors du déterrage.

De plus de nombreuses études menées en Grande-Bretagne et en France concernant la tuberculose bovine, ne préconisent pas la destruction du blaireau. Cette maladie complexe ne se résout pas en créant des perturbations des populations de la faune sauvage en général, mais par davantage de surveillance des mouvements de bovins d’une région à une autre.

– La pratique de la vénerie sous terre est aujourd’hui extrêmement contestable: la durée du supplice infligée aux animaux est inadmissible, traqués pendant plusieurs heures par des hommes et des chiens, les blaireaux sont arrachés du fond de leur terrier par de longues pinces, véritable arsenal de torture pour une mort donnée au final à coup de pelles.

– Outre le caractère contestable de la pratique de la vénerie, il apparait que cette période complémentaire accordée en mai, intervient à une époque où les jeunes blaireautins ne sont pas sevrés, et compromet donc gravement la dynamique de l’espèce, jugée par de nombreux spécialistes comme étant « fragile ».

 

– En effet, globalement la dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an). Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année). De plus une mortalité importante existe déjà due au trafic routier. Ces opérations de vénerie peuvent affecter considérablement ses effectifs et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.

 

– A notre époque où l’on évoque la 6ème extinction de masse des animaux, le rôle patrimonial du blaireau reste malheureusement encore à consolider alors que sa présence est un indicateur positif des équilibres paysagers et de la biodiversité.

 

– De nombreuses alternatives existent pour résoudre d’éventuels conflits d’usage ou de potentiels dégâts. Dans le Bas-Rhin, où l’espèce n’est plus chassée, des solutions sont mises en place et font preuve de leur efficacité (mesures de protection des cultures avec l’installation d’un fil électrique, mesures d’éloignement par l’utilisation d’un produit répulsif, ou même sas anti-retour sur les terriers pouvant causer problème en s’assurant que d’autres talus sont accessibles).

3 commentaires sur “Urgent : projet d’arrêté préfectoral d’ouverture et de clôture de la chasse dans le Pas de Calais campagne 2017-2018

  1. Monsieur le Préfet,

    Je viens de prendre connaissance de votre projet d’arrêté préfectoral d’ouverture et de clôture de la chasse pour la campagne 2017-2018 dans le département du Pas-de-Calais et en particulier de l’article 4 qui reconduit une période complémentaire de la vénerie sous terre du blaireau du 15 mai 2018 jusqu’à l’ouverture générale de la chasse de la campagne 2018-2019, et ce notamment durant la période de sevrage des jeunes blaireaux, et qui plus est, cet exercice de la vénerie sous terre du blaireau en période complémentaire n’est pas assorti d’une obligation de déclaration d’intervention ET d’un compte rendu d’intervention, ni d’un bilan des prélèvements de blaireaux. Par ailleurs, il convient de compléter cet article 4 dudit projet d’arrêté comme suit : « Conformément à l’article R. 424-5 du Code de l’Environnement, la clôture de la vénerie sous terre intervient le 15 janvier 2018. »

    Je m’intéresse à titre personnel à la faune sauvage et en particulier aux carnivores de nos contrées.

    Animal sédentaire et essentiellement nocturne, le Blaireau vit en groupe dans des terriers et fréquente principalement les bois de feuillus. Il est omnivore et opportuniste. Les dégâts qu’il peut occasionner dans les cultures de céréales, principalement le maïs lorsqu’il est en lait, sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt, en comparaison des dégâts provoqués à ces mêmes cultures par les sangliers qui font l’objet d’une indemnisation. L’installation d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces.

    Victimes de l’empoisonnement à la strychnine ou du gazage des terriers, entre le début des années 1970 et la fin des années 1980, lors des campagnes de destruction des renards censées lutter contre la rage, les populations de blaireaux restent fragiles et leur dynamique est particulièrement lente. Ces populations souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, bosquets, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

    Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau européen, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

    Le blaireau ne relève plus du classement des espèces d’animaux nuisibles. La pratique de la vénerie sous terre du blaireau est autorisée pendant l’ouverture générale de la chasse. La clôture de la vénerie sous terre intervient au plus tard le 15 janvier et l’exercice de la vénerie sous terre du blaireau peut être autorisé pour une période complémentaire à partir du 15 mai jusqu’à l’ouverture générale de la chasse, et ce sans nécessaire motivation (et qui plus est, lors du sevrage des jeunes blaireaux). Les prélèvements réalisés dans le cadre de la vénerie sous terre ou lors de battues administratives (par tir de nuit ou piégeage) affectent ses effectifs et peuvent entraîner la disparition locale de l’espèce. Par ailleurs, la vénerie sous terre n’est pas pratiquée dans les départements du Bas-Rhin (le blaireau n’est plus chassable dans ce département depuis 2004), du Haut-Rhin et du Territoire de Belfort.

    Avant de l’en extraire au moyen de pinces, le blaireau, harcelé au fond d’une galerie du terrier plusieurs heures durant par les chiens, est apeuré et stressé le temps de creuser une tranchée à l’aplomb à l’aide de pelles et pioches. L’exercice de la vénerie sous terre du blaireau déstructure le groupe familial et endommage le terrier au point de le rendre inhabitable, alors que celui-ci sert également de gîte à part entière pour d’autres espèces cohabitantes, le Renard roux, Vulpes vulpes, le Lapin de garenne, Oryctolagus cuniculus, la Martre des pins, Martes martes, ou le Putois d’Europe, Mustela putorius, et pour certaines protégées, le Chat forestier, Felis silvestris, le Petit rhinolophe, Rhinolophus hipposideros, ou la Salamandre tachetée, Salamandra salamandra. Aussi, la note de service de l’Office national des forêts (ONF) relative à la prise en compte du Blaireau d’Eurasie dans la gestion forestière du 28 janvier 2008 recommande que « [l’exercice de la vénerie sous terre du blaireau pendant la période complémentaire] est à éviter, (…) dans les forêts relevant du régime forestier (au moins dans les forêts domaniales) ».

    Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée » ; pour autant, ce texte n’est donc pas respecté puisque les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au mois de mai et juin.

    De plus, dans le cadre de la lutte contre la tuberculose bovine, l’article 7 de l’arrêté ministériel du 7 décembre 2016 relatif à certaines mesures de surveillance et de lutte contre la tuberculose lors de la mise en évidence de cette maladie dans la faune sauvage énonce, parmi les mesures de prévention dans les zones à risque, « [l’]interdiction de la pratique de la vénerie sous terre pour toutes espèces dont la chasse est autorisée en raison du risque de contamination pour les équipages de chiens ».

    Ainsi, je vous invite à bien vouloir prendre en considération ces éléments en ce qui concerne la gestion cynégétique du blaireau dans le département pour la campagne 2017-2018 ; la vénerie sous terre du blaireau pour la période complémentaire n’a pas lieu d’être (pour information, la période complémentaire n’est pas autorisée dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône, de la Côte d’Or, de l’Hérault, du Var, du Vaucluse, des Vosges et de l’Yonne).

    Vous remerciant par avance et restant à votre disposition,

    Philippe CHARLIER
    – MENAUCOURT –

  2. Monsieur le Préfet,

    Je viens de prendre connaissance du projet d’arrêté préfectoral prévoyant l’exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire du 15 mai 2018 jusqu’à l’ouverture générale de la chasse de la compagne 2018-2019.

    La période de chasse s’étend de la mi-septembre à fin février, soit une durée de cinq mois et demi. Cette période complémentaire ajouterait une durée de quatre mois, soit, au total neuf mois et demi de chasse autorisée du blaireau.
    Comment approuver une telle aberration ?

    Les blaireautins n’étant pas sevrés en mai, cette chasse mettrait dangereusement en péril la survie de cette espèce fragile dont la présence est un indicateur positif des équilibres paysagers et de la biodiversité.

    Si la justification en est le motif sanitaire, les différentes études menées sur cette maladie complexe qu’est la tuberculose bovine préconisent une surveillance accrue des bovins, notamment lors de leurs déplacements et pas du tout une destruction du blaireau.

    De plus, la chasse au blaireau se pratique par une vénerie sous terre, pratique d’un autre âge, d’une cruauté scandaleuse où l’animal est traqué, réfugié dans son terrier d’où on l’arrache avec des pinces pour le mettre à mort. Brutalité inouïe !

    Pourtant, de nombreuses méthodes alternatives existent : protection des clôtures avec l’installation d’un fil électrique, éloignement par l’utilisation d’un produit répulsif, sas anti-retour sur les terriers. Ces mesures commencent à faire preuve de leur efficacité, notamment dans le Bas-Rhin où le blaireau n’est plus chassé.

    L’urgence de la préservation de la faune sauvage et des écosystèmes rencontre une prise de conscience de plus en plus majoritaire et unanime dans l’opinion publique. La pression exercée par l’homme sur la nature met en péril la survie de plusieurs espèces. Les nouvelles générations, éduquées dans le respect de l’animal et de son habitat, soucieuses de préserver leur patrimoine, se détournent progressivement d’une pratique injustifiée, inappropriée et cruelle telle que la chasse.

    Les pouvoirs publics devraient être les garants de la protection de l’environnement et de la biodiversité et assurer la préservation des espèces sauvages qui appartiennent au patrimoine des campagnes françaises.

    En conséquence, Monsieur le Préfet, je m’oppose fermement à cet arrêté préfectoral.

    Cordialement,
    Michèle SANTI

  3. Madame ou Monsieur,

    Vous trouverez ci-dessous quelques arguments non-exhaustifs qui expriment l’opposition de notre collectif au projet d’arrêté préfectoral concernant la vénerie du blaireau pour la campagne 2017-2018

    – Le blaireau est un animal opportuniste qui se nourrit de charognes, notamment des nombreux cadavres d’animaux tués ou blessés par des chasseurs puis morts après de longues heures d’agonie. Il est donc un « nettoyeur » efficace de la nature limitant ainsi la propagation de nombreuses épizooties ;
    – De nombreuses alternatives existent pour résoudre d’éventuels conflits d’usage ou de potentiels dégâts. Dans le Bas-Rhin, où l’espèce n’est plus chassée, des solutions sont mises en place et font preuve de leur efficacité (mesures de protection des cultures avec l’installation d’un fil électrique, mesures d’éloignement par l’utilisation d’un produit répulsif, ou même sas anti-retour sur les terriers pouvant causer problème en s’assurant que d’autres talus sont accessibles) ;
    – Etc.

    Avec mes salutations naturelles

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