Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018

Attention, merci de déposer vos commentaires en cliquant sur le lien ci-dessous, c’est à dire sur la page officielle de la consultation, et non pas sous notre article.

La consultation est ouverte du lundi 12 juin au lundi au 3 juillet 2017.

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=1728

 

Argumentaire du ministère :

Le nombre maximum est proposé par les services du ministère en se basant sur une grille d’évaluation des probabilités de croissance, de stabilisation ou de baisse de la population en fonction du nombre prélevé. Le ministère s’assure ainsi chaque année que le nombre prélevé permettra de d’assurer un bon état de conservation de la population.

Pour la campagne 2016/2017, ce nombre avait été fixé à 36 pour une population totale estimée à 293 loups.

Le dernier bilan de l’ONCFS décrivant l’état de la population de loup à la sortie de l’hiver 2016/2017 fait état des données suivantes :
-  57 zones de présence permanente (dont 44 meutes), à comparer à 49 ZPP (dont 35 meutes) en fin d’hiver 2015/2016 ;
-  un effectif total estimé après modélisation à une moyenne de 357 individus (indice entre 265 et 402) à comparer à 293 [215-372] pour 2015/2016.

Au regard des seuils fixés au cours des deux dernières années (36 spécimens pouvant être détruits) et en prenant compte de l’évolution population et des recommandations de l’expertise collective biologique (le nombre de loups prélevé ne doit pas dépasser 12 % de la population totale), il est prévu de fixer un nombre maximum compris entre 36 et 40 pour la campagne 2017/2018.

Pour éviter que ce seuil ne soit atteint de manière précoce, il sera également fixé entre 26 et 30 loups un seuil au-delà duquel les tirs de prélèvement sont interdits au profit des tirs de défense, réalisés à proximité des troupeaux. Une dérogation est possible pour les départements subissant un nombre important et récurrent de dommages et où peu de loups sont détruits.

Les valeurs précises de chacun des deux seuils précités seront fixées à l’issue des diverses consultations menées par le Ministre.

Il est prévu une dérogation à l’interdiction des tirs de prélèvements pour les territoires qui subissent un niveau de prédation important et récurrent et où très peu de loups ont été détruits depuis le début de la campagne.

Pour notre part, nous disons NON à tout tir de loups pour les raisons suivantes (merci de personnaliser votre commentaire) :

– Ce plafond ne tient pas compte des actes de braconnage et des collisions entre loups et véhicules,

– Les tirs ne sont pas une solution sur le long terme, seuls les moyens de protection permettent une cohabitation durable.

– Ces tirs sont un mauvais signal envoyé aux éleveurs, qui ne les incitent pas à mettre en oeuvre une protection efficace de leurs troupeaux en leur proposant cette « solution » radicale et qui ne fait baisser la pression de prédation qu’à très court terme.

– La Convention de Berne et la Directive Habitats-Faune-Flore, signées par la France, n’autorisent les dérogations de destruction que dans la mesure où elles garantissent le maintien des populations dans un état de conservation favorable. Tel n’est pas le cas du projet d’arrêté qui, au mieux freine fortement la croissance naturelle de la population, au pire entraîne son déclin, alors que l’espèce n’est pas dans un bon état de conservation.

– des mesures pourraient être prises en faveur de la cohabitation avec l’élevage : conditionner les aides financières à la protection effective des troupeaux (actuellement, les éleveurs sont subventionnés et indemnisés systématiquement) ; vérifier sur le terrain la mise en œuvre des mesures de protection (actuellement, la comptabilisation des protections théoriquement mises en place est basée sur les déclarations des éleveurs) ; accompagner techniquement les éleveurs (actuellement, les subventions pour la protection ne sont pas liés à un suivi adapté) ; évaluer la pertinence des moyens de protection, développer la recherche de méthodes nouvelles si nécessaire.

-Les tirs de loups favorisent la déstructuration des meutes et aggrave les attaques sur animaux domestiques.

-Ces tirs encouragent également le braconnage.

-A cause de ces quotas, et en dépit des affirmations du ministère et de l’ ONCFS, la recolonisation est fragile, et de plus, même les individus isolés (Lozère, Vosges…) peuvent être tirés, compromettant ainsi l’installation d’une meute sur un territoire.

-C’est un mauvais signal envoyé à nos voisins européens.

 

Merci au SFEPM membre de CAP LOUP, pour avoir fourni certains arguments.

 

1 thought on “Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018

  1. Voici le message que j’ai envoyé :

    Changement de gouvernement, changement de ministre… on rêverait d’un changement d’époque et d’un ministère de l’environnement indépendant, capable de résister à la FNSEA et suffisamment courageux pour mettre un terme à ces tirs inutiles pour lesquels des milliers de personnes ont déjà signifié leur opposition ces dernières années, tout en étant parfaitement ignorées par l’administration.

    Nouvelle consultation, mais les arguments contre les tirs sont toujours les mêmes et le seront éternellement, du moins tant que le ministère jugera préférable d’abattre des loups plutôt que de miser sur la cohabitation avec le prédateur.

    Je ne le répèterai jamais assez : les tirs ne sont pas une solution sur le long terme, seuls les moyens de protection permettent une cohabitation durable ! La cohabitation avec les grands prédateurs est possible, mais elle nécessite une volonté (de la part des politiques ET des éleveurs) et des moyens. Il faut accompagner les éleveurs et les inciter encore plus à protéger leurs troupeaux. Il faut revaloriser le métier de berger. Il faut soutenir la filière en mettant en place des contrats gagnant/gagnant : si tout est fait pour cohabiter, on leur assure des revenus décents et on les accompagne pour éviter les attaques.

    Les tirs ne font que désorganiser les meutes et provoquent encore plus d’attaques. Ils sont également un mauvais signal envoyé aux éleveurs, puisque les tirs ne les incitent pas à mettre en œuvre une protection efficace de leurs troupeaux. Cette solution radicale ne fait pourtant baisser la pression de prédation qu’à très court terme.

    Je rappelle que la Convention de Berne et la Directive Habitats-Faune-Flore, signées par la France, n’autorisent les dérogations de destruction que dans la mesure où elles garantissent le maintien des populations dans un état de conservation favorable. Tel n’est pas le cas du projet d’arrêté qui au mieux freine fortement la croissance naturelle de la population, au pire entraîne son déclin, alors que l’espèce n’est pas dans un bon état de conservation.

    A cause de ces quotas qui provoquent chaque année la mort d’une quarantaine de loups et en dépit des affirmations du ministère et de l’ONCFS, la recolonisation est fragile. De plus, même les individus isolés (Lozère, Vosges…) peuvent être tirés, compromettant ainsi l’installation d’une meute sur un territoire.

    Le loup est déjà victime d’actes de braconnage et de collisions avec des véhicules, ne rajoutons pas une pression supplémentaire sur cette espèce qui reste fragile. Adoptons enfin un comportement digne de notre responsabilité envers la planète. Arrêtons les tirs de loups et cohabitons. Faisons de la France un exemple. M. Macron, M. Hulot, Make our country great again…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *