Projet d’arrêté : régulation des renards dans le département de l’Oise

Dates d’envoi des avis : du 13/07/2016 au 02/08/2016

Objet : projet d’arrêté préfectoral autorisant la régulation des renards par les lieutenants de louveterie

Lien de la consultation :

http://www.oise.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement/La-chasse-et-la-faune-sauvage/Consultation-du-public-sur-la-chasse/Projet-d-arrete-de-regulation-du-renard

Le projet de texte propose de reconduire la régulation des renards par tir jusqu’au 30 avril 2017 dans le département de l’Oise. Déposez vos avis en cliquant sur le lien de la consultation ci-dessus puis sur « Réagir à cet article ».

N’oubliez pas de personnaliser vos commentaires, n’envoyez pas des copiés-collés qui souvent, ne sont pas pris en compte par l’administration.

Vous pouvez vous inspirer des arguments publiés dans la rubrique « Argumentaire pour le public ».

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Exemple de réponse à envoyer : 

Monsieur le Préfet,

J’ai pris connaissance de votre projet d’arrêté préfectoral autorisant la régulation des renards par les lieutenants de louveterie, du 4 août 2016 au 30 avril 2017, dans le département de l’Oise.

A la demande des lieutenants de louveterie et d’après les comptages qu’ils ont eux-mêmes réalisés, parfois avec la fédération départementale des chasseurs, vous envisagez d’autoriser la destruction des renards sans aucune justification précise des dommages causés, ni limitation du nombre de renards à prélever. 

Ces renards pourront-être tirés au fusil, avec sources lumineuses et même utilisation d’un silencieux. Pourquoi ? Parce que le renard est un important prédateur dans les poulaillers, ainsi que sur une grande partie du petit gibier (lièvres, lapins, faisans, perdrix, canards colverts, le gibier d’eau et les faons dès leur naissance). En résumé, vous autorisez l’abattage massif de renards, parce que vous les considérez comme nuisibles, car ils entrent en concurrence avec les chasseurs locaux et qu’ils se nourrissent de « leur gibier ». 

Je me permets de vous donner la définition du mot gibier, puisque vous l’utilisez dans votre projet d’arrêté. Le Larousse définit le gibier comme le « Nom collectif des animaux que l’on chasse soit pour les manger, soit pour en limiter les effectifs. » Monsieur le Préfet, vous qualifiez un animal sauvage — le renard — de nuisible, car il s’attaque à d’autres animaux que vous considérez trop nombreux et dont il faut limiter les effectifs ! Ne voyez-vous pas une cruelle ironie dans les mots que vous employez pour justifier ce massacre ? 

Par l’arrêté ministériel du 30 juin 2015 fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles, le renard est classé « nuisible » sur l’ensemble du département de l’Oise. Pour autant, « aucune problématique de santé publique ne semble pouvoir justifier le classement nuisible du renard » (cf. Guide pratique relatif à l’élaboration des dossiers de demandes préfectorales de classement ministériel de spécimens d’espèces sauvages indigènes en tant que « nuisibles », MEDDE, juin 2014).

Concernant les dégâts sur les poulaillers, des mesures de protection efficaces peuvent-être mises en place. On ne peut pas justifier l’abattage massif des renards pour protéger des animaux qui sont destinés à l’abattoir ! Sacrifier une espèce sauvage parce que les industriels de l’élevage ne mettent pas en place les moyens de protection adéquats est une aberration ! 

Le renard, les mustélidés et les rapaces contribuent à la régulation des populations de rongeurs et n’ont pas à être érigés en boucs émissaires de la disparition du petit gibier. Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole. 

Pour toutes ces raisons, Monsieur le Préfet, nous vous demandons d’abandonner cet arrêté et de mettre un terme à la reconduction de la régulation par tir de l’espèce renard.

Christophe CORET
Président d’AVES France
www.aves.asso.fr

1 commentaire sur “Projet d’arrêté : régulation des renards dans le département de l’Oise

  1. Monsieur le Préfet,

    Je viens de prendre connaissance de votre projet d’arrêté préfectoral autorisant la régulation des renards par les lieutenants de louveterie du 4 août 2016 au 30 avril 2017 dans le département de l’Oise ; « à leur demande » (sic), la destruction des renards est ainsi reconduite périodiquement, et ce sans justification précise des dommages causés, ni limitation du nombre de renards à prélever. Et cet arrêté ne peut être applicable qu’à la date de publication au recueil des actes administratifs (RAA) de la préfecture, et non deux jours après la fin de la consultation du public, « ce délai ne peut être inférieur à quatre jours à compter de la date de la clôture de la consultation » !

    Je m’intéresse à titre personnel à la faune sauvage et en particulier aux carnivores de nos contrées.

    Par l’arrêté ministériel du 30 juin 2015 fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles, le Renard est classé « nuisible » sur l’ensemble du département de l’Oise. Pour autant, « aucune problématique de santé publique ne semble pouvoir justifier le classement nuisible du renard » (cf. Guide pratique relatif à l’élaboration des dossiers de demandes préfectorales de classement ministériel de spécimens d’espèces sauvages indigènes en tant que « nuisibles », MEDDE, juin 2014).

    La régulation des populations de renards s’avère inefficace, qui relève d’une méthode très contestée scientifiquement depuis longtemps, les jeunes renards en dispersion comblent les territoires laissés vacants (cf. Évolution des populations de renards en France, Faune sauvage n° 306, 1er trimestre 2015). Pour ce qui est de la lutte contre l’échinococcose alvéolaire, la vermifugation régulière des chiens et des chats est une mesure préventive efficace. Pour prévenir les dégâts causés aux élevages avicoles en particulier, des mesures de précaution efficaces peuvent être mises en place (cf. Prédation sur les volailles, Ministère de la Région wallonne).

    Par sa présence, le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à la régulation des populations de rongeurs (cf. Campagnols : la prédation est votre meilleure arme, efficace et durable, Techniques culturales simplifiées n° 66, janvier/février 2012), et n’a pas à être érigé en bouc émissaire de la disparition du petit gibier (cf. Des mots d’un autre âge, Plaisirs de la chasse n° 738, janvier 2014). Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole notamment.

    La reconduction de la destruction par tir de l’espèce renard ne se justifie pas.

    Philippe CHARLIER
    – MENAUCOURT –

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