Arguments en faveur du blaireau

A noter, certains départements n’autorisent plus la période complémentaire:

les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône (depuis 2016), de la Côte d’Or (depuis 2015), de l’Hérault (depuis 2014), du Var, du Vaucluse, des Vosges, de l’Yonne (depuis 2016), des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

A adapter et personnaliser selon l’objet de la consultation :

A propos de la vénerie sous terre :

Cette pratique, appelée « vénerie sous terre », est particulièrement barbare et cruelle. Elle inflige de profondes souffrances aux animaux puisqu’elle consiste à acculer les blaireaux dans leur terrier à l’aide de chiens, puis, pendant plusieurs heures, à creuser afin de les saisir avec des pinces. Les animaux, dans un état de stress très important, sont ensuite achevés à la dague. De plus, lorsque la vénerie est pratiquée à partir du 15 mai, les jeunes blaireaux de l’année ne sont pas entièrement sevrés et dépendent encore des adultes.
Cette pratique n’est pas non plus sans conséquence pour d’autres espèces sauvages. En effet, une fois l’opération terminée, les terriers se trouvent fortement dégradés. Or ces derniers sont régulièrement utilisés par d’autres espèces, dont certaines sont réglementairement protégées par arrêté ministériel et directive européenne, comme le Chat forestier (Felis silvestris) ou des chiroptères.
Les recommandations du Conseil de l’Europe vont d’ailleurs en ce sens : « Le creusage des terriers, à structure souvent très complexe et ancienne, a non seulement des effets néfastes pour les blaireaux, mais aussi pour diverses espèces cohabitantes, et doit être interdit. »

A propos du blaireau :

Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ». Or, l’article R424-5 du même code précise toutefois que le préfet peut autoriser l’exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai, cet article contrevient donc au précédent.

Globalement la dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an). Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année). De plus une mortalité importante existe déjà due au trafic routier. Ces opérations de vénerie peuvent affecter considérablement ses effectifs et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.

A propos de la capture de blaireaux à des fins de surveillance et de prévention de la tuberculose bovine :

Les dégâts que le blaireau peut occasionner dans les cultures de céréales sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt. Des interactions avec les bovins sont possibles.

L’installation d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces, également pour éloigner les blaireaux des troupeaux de vaches.

Concernant la surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage, à proximité des troupeaux de bovins infectés, le renforcement de la surveillance par la collecte et l’analyse systématique des cadavres de blaireaux trouvés, ou signalés, morts, ou mourants, sur le bord des routes est à privilégier. Il est donc illogique et contreproductif  de prescrire des opérations de prélèvement de blaireaux par piégeage ou tir.

Dans son avis publié lundi 13 juin 2016, le CSPNB met sérieusement en cause ces pratiques, et les motifs invoqués: «ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux». D’autant que les méthodes utilisées sont «particulièrement choquantes»

Quant à la tuberculose bovine, la législation française prévoit, par prévention, l’abattage total des blaireaux dans une zone de 1 km autour d’un foyer bovin, puis une surveillance épidémiologique -d’abord par abattage d’un échantillon d’adultes dans un deuxième cercle, puis sans abattage dans un troisième. D’autres espèces constituent toutefois des réservoirs plus importants de la maladie, dont le cerf et le sanglier, note le CSPNB, favorable à une approche vaccinale «même dans les régions où la prévalence de la maladie est encore faible».

Au grand dam d’associations de protection animale, le Royaume-Uni a quant à lui mis en place, dans certains comtés du sud-ouest où la tuberculose bovine est encore très présente, un abattage massif des blaireaux. Dans ce pays où la densité de blaireaux atteint entre 200 et 500 individus pour 10 km2 (contre 1 à 10 pour 10 km2 en France), les résultats sont pour l’instant très mitigés.

2 commentaires sur “Arguments en faveur du blaireau

  1. Je ne comprends décidément pas que l’on puisse trouver normal, voire même amusant (puisqu’il y a des « championnats ») de terroriser un animal pour finalement le massacrer avec une cruauté dont seul l’homme fait preuve. Les individus qui pratiquent ce genre de sport n’expriment, par de tels comportements, que leur vice et leur bêtise.
    Cette barbarie est tellement loin de la bonté dont l’homme est capable…

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